La FAO appelle à accélérer les investissements et les transformations en faveur des petits exploitants agricoles en Afrique

MAP
25.03.2014
23h30
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Rome, 25 mars 2014 (MAP) - L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a appelé les ministres africains de l'agriculture à l'action afin d'accélérer les investissements et les transformations en faveur des petits exploitants agricoles, notamment les jeunes et les femmes.

Dans un communiqué publié sur son site électronique à l’occasion de la 28ème Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique, qui se tient à Tunis du 24 au 28 courant, la FAO souligne que malgré les progrès économiques conséquents et les succès obtenus dans le secteur agricole, l'Afrique demeure le continent où la situation de la sécurité alimentaire est la plus précaire au monde, avec des niveaux relativement bas de productivité agricole, de faibles revenus ruraux et des taux élevés de malnutrition.

Cette Conférence préconisera l'établissement de conditions favorables pour éliminer la faim sur le continent d'ici 2025, en misant essentiellement sur l'exploitation du potentiel durable de l'agriculture, des pêches, de l'élevage et de la foresterie afin de fournir des emplois et des revenus aux jeunes, aux femmes et aux hommes africains en quête de sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que des entreprises agroalimentaires visant à accroître les revenus des ménages, fait observer l’organisation.

En dépit des progrès accomplis dans la réduction de la faim et de la malnutrition en Afrique au cours des dernières décennies, les niveaux absolus de faim et de sous-alimentation demeurent préoccupants en Afrique subsaharienne, relève-t-on de même source.

D'après des estimations, les taux de pauvreté en Afrique ont affiché un léger tassement, passant de 56 pc en 1990 à 49 pc en 2010 et laissant 388 millions d'habitants dans une extrême pauvreté, en plus d'environ 239 millions de personnes victimes de sous-alimentation chronique. La situation de la sécurité alimentaire au Sahel et dans la Corne de l'Afrique continue en particulier à susciter des inquiétudes.

En 2012, l'Afrique a réalisé les progrès les plus lents en matière de réduction de la pauvreté. Selon le rapport 2012 des Nations unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), l'Afrique était en deçà de l'OMD 1 sur la pauvreté.

Toutefois, ajoute la FAO, onze pays africains ont déjà atteint le premier OMD consistant à réduire de moitié la proportion des personnes affamées entre 1990 et 2015. Trois pays (Djibouti, le Ghana et Sao Tomé-et-Principe) ont en outre réalisé l'objectif encore plus ambitieux du Sommet mondial de l'alimentation de 1996 visant à réduire de moitié le nombre total des personnes sous-alimentées. Selon la FAO, l'Afrique affiche depuis 1999 une croissance économique soutenue, accompagnée d'indicateurs améliorés de gouvernance et de développement humain. A l'heure actuelle, sept économies à plus forte croissance du monde sur dix sont situées en Afrique, et le Fonds monétaire international estime que la croissance économique de l'Afrique subsaharienne sera de 6,1 pc en 2014.

Entre 2000 et 2010, le PIB annuel total de l'Afrique a progressé en moyenne de 4,8 pc, contre 2,1 pc durant la décennie précédente. Parallèlement, les taux de croissance du PIB agricole pendant les mêmes périodes étaient respectivement de 3,2 pc et 3 pc.

Le continent a remporté une série de succès dans divers domaines de l'agriculture, à savoir l'intensification de la production d'aliments de base, variétés améliorées de bananes en Afrique orientale et centrale, variétés de maïs à haut rendement en Afrique orientale et australe, et gains de productivité dans la culture du coton au Burkina Faso et au Mali, et dans la théiculture et la floriculture en Afrique de l'Est.

"La question est de savoir comment les dirigeants africains peuvent tirer parti de ces acquis en élaborant des politiques agricoles et fiscales stables encourageant l'investissement, conformément aux engagements pris dans la Déclaration de Maputo il y a 10 ans, et en renforçant les mécanismes de gouvernance et de responsabilité qui contribuent à une mise en œuvre plus systémique des politiques et programmes", a déclaré Bukar Tijani, sous-directeur général de la FAO et représentant régional pour l'Afrique.

"Ces actions sont déterminantes pour enclencher la transformation des capacités nationales pour une croissance et un développement agricoles soutenus et à grande échelle", a-t-il estimé.

BW---BI.

MY.

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