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MAPF,10/01/2012 11h21

Revue quotidienne des éditos du 10 janvier 2012

Les éditorialistes de la presse quotidienne de ce mardi s'intéressent à plusieurs sujets, notamment les attentes des citoyens vis-à-vis du gouvernement, la non-prorogation de l'accord de pêche Maroc-UE et ses conséquences sur l'accord agricole et le nouveau rôle de l'opposition au sein de l'institution parlementaire.



Ainsi, l'éditorialiste du quotidien +Aujourd'hui le Maroc+ écrit que les récentes déclarations du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, redonne beaucoup d'espoir au simple citoyen qui n'attendra pas longtemps pour sentir l'arrivée d'un nouveau gouvernement, puisque la nouvelle équipe promet de prendre des "mesures-chocs" qui touchent directement le quotidien des Marocains surtout les couches défavorisées.



Relevant que cette démarche dite des "quickwins" est justifiée dans un sens, l'éditorialiste estime que les nouveaux ministres "ne doivent pas non plus tomber dans le populisme et le politique-show", soulignant que "s'il y a une chose sur laquelle le gouvernement devrait sérieusement se pencher c'est la communication avec les citoyens".



"Ce serait bien que le chef de gouvernement instaure un rendez-vous mensuel télévisé pour informer les Marocains sur l'état d'avancement des chantiers et leur expliquer ce qui est fait et où on va", espère-t-il.



S'agissant de la non-prorogation de l'accord de pêche Maroc-UE et son impact sur l'élargissement de l'accord agricole, +L'Opinion+ souligne qu'"en votant contre la prorogation de l'accord de pêche avec le Maroc, le Parlement européen "a porté un grave préjudice aux intérêts espagnols en particulier", relevant que "si, d'un côté, l'Espagne agit pour obtenir un nouvel accord de pêche, d'un autre côté, elle multiplie les pressions pour ne pas reconduire l'accord agricole avec le Maroc, et ce sous différents prétextes".



Certes, poursuit-il, l'UE considère le Maroc comme un partenaire privilégié, stratégique et économique, mais "la coopération avec l'UE ne peut être sélective et le partenariat doit être mutuellement avantageux", ajoutant que "si l'on ne tient pas compte des intérêts du Maroc et si l'on ne proroge pas l'accord agricole, rien ne nous pousse à renouveler l'accord de pêche sous quelque forme qu'il soit".



Selon l'auteur de l'éditorial, "nous sommes en droit de revoir tous les aspects de la coopération avec l'UE après le refus du Parlement européen et si l'on ne tient pas compte des intérêts de nos agriculteurs et si on ne garantit pas l'exportation des produits marocains, l'accord de pêche ne peut avoir lieu".



Et de conclure: "L'Espagne ne doit pas se préoccuper uniquement de ses intérêts, mais doit prendre en considération ceux du partenaire marocain qui a obtenu un statut avancé et qui a droit à un partenariat équilibré et équitable.



Même son de cloche chez +Le Soir Echos+ qui souligne qu'en votant contre la prorogation de l'accord de pêche avec l'UE, les députés "ont adressé un bien mauvais signal qui prend le contrepied de la position de l'Union, elle-même, et du Maroc, engagé dans un train de réformes qu'il faut saluer, au lieu de casser la dynamique en marche".



"Ce renoncement à la parole, dicté par une vision dogmatique, biaisée par des préjugés tenaces, envoie un message négatif au Maroc mais aussi à l'ensemble des partenaires du Sud, qui voient dans l'Europe un modèle pluriel sur le plan de l'économie, mais aussi sur celui de la démocratie et du respect des citoyens", affirme l'éditorialiste, faisant savoir qu'"à peine cette couleuvre avalée, devons-nous nous préparer au rejet de l'accord agricole?"



Pour lui, "une lecture politique de ces prises de position agressives pourrait en limiter la portée si celles-ci n'étaient pas systématiques et si elles ne révélaient pas une remise en cause des bases de toute politique de bon voisinage", estimant que "cela devrait inciter le Maroc à élargir ses partenariats sur des zones moins hostiles, même si ce n'est qu'au niveau du discours".



Evoquant le rôle de l'opposition au sein de l'institution parlementaire, l'éditorialiste du journal +Le Matin du Sahara et du Maghreb+ écrit que devant la victoire de leurs concurrents politiques, les partis ralliés à l'opposition "se préparent à leur nouvelle mission : une opposition constructive, ferme et déterminée".



Relevant que "le travail d'opposition ne présente jamais les mêmes caractéristiques que celui du gouvernement", il précise que les partis de l'opposition, dont notamment le RNI, le PAM, l'USFP et les autres ont sans doute perdu une bataille, mais ils n'ont pas perdu la +guerre+".



"Tout à leur ardeur de remplir leur mission politique au Parlement, les partis de l'opposition mettent en
place leur +Perestroïka+ interne et s'apprêtent à affûter leurs armes", explique l'auteur de l'éditorial, estimant que l'opposition est "nécessaire à toute démocratie, au Maroc plus que jamais elle doit renaître de ses cendres".



"Le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, ses fidèles et les autres membres de la majorité devraient prendre en considération l'existence et la présence de l'opposition au Parlement, parce qu'elle est l'un des verrous qui complètent le bon fonctionnement de notre démocratie", affirme-t-il.



L'éditorialiste d'+Al Ahdath Al Maghribia+ revient sur les propos de certains ministres PJD qui déclarent avoir renoncé à certains privilèges gouvernementaux, tels le logement de fonction et l'utilisation de la voiture de l'Etat, émettant le voeu que ces intentions ne relèvent pas du "populisme" qui choquera les Marocains dans les prochains jours plus que ceux qui les ont précédé dont le seul actif est de vaines promesses et rien de concret.



Le travail sérieux et assidu comme le notent les Pjidistes, ajoute l'auteur de l'éditorial, est au coeur des attentes des Marocains, soulignant que le sérieux repose sur l'action et non sur la parole.



Et l'éditorialiste de souligner que le but d'évoquer cette question, n'est pas de fustiger le comportement de ces ministres mais seulement d'attirer l'attention car toute parole qui n'est pas jointe à l'action engendre un effet contraire et une réaction nuisible à son auteur à même de le qualifier de menteur, phénomène avec lequel les Marocains veulent rompre à jamais.



Pour sa part, l'éditorialiste d'+Akhbar Al Yaoum Al Maghribia+ s'interroge sur la désignation dernièrement de plusieurs Conseillers du Souverain et se demande s'il ne s'agit pas là d'un "gouvernement de l'ombre", qui contrôlera le travail du gouvernement de Benkirane dont les composantes ont été élues par le peuple.



A ce propos, l'auteur de l'éditorial indique que c'est une grande question dont la réponse sera connue dans les mois à venir, avant de se demander si les ministres partisans seront capables de défendre leurs prérogatives définies par la Constitution et préserver l'indépendance de leurs décisions ou au contraire leurs ambitions personnelles et politiciennes les pousseront à se transformer en de simples hauts fonctionnaires qui exécutent les décisions.



Selon lui, la solution réside dans la cohabitation, la franchise et la confiance mutuelle entre les deux parties.



Sur le plan international, l'éditorialiste de +Bayane Al Yaoum+ évoque la situation en Syrie et écrit que l'avenir politique de ce pays est devenu aujourd'hui objet de convoitises de la part de plusieurs puissances régionales et internationales, eu égard à sa position géostratégique dans une région des plus turbulentes, à savoir le Moyen-Orient, estimant que la principale victime demeure le peuple syrien, d'où l'impératif pour la communauté internationale d'intervenir pour mettre un terme à un régime qui tue avec barbarie son peuple.



Le peuple syrien a droit d'aspirer à vivre dans la paix et la stabilité dans un pays démocratique, pluraliste et tolérant où cohabitent toutes les composantes et ouvert sur les autres pays et peuples, insiste-t-il.


MAPF
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