MondeAvec les 33 hommes prisonniers à 700 m au fond d'une mine du Chili, leurs familles comptent et s'interrogent: ainsi Jessica Cortez, enceinte d'un garçon ou d'une fille, et qui attend la sortie de son époux Victor, dans deux mois, ou trois
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Nelly Bugueño (D) et Carolina Rodriguez, la mère et la soeur du mineur Victor Zamora, le 7 septembre 2010 à Copiapo
COPIAPO (Chili) (AFP) |
"Jessica avait aujourd'hui le contrôle médical, l'échographie, et ils devaient lui dire (de combien de mois elle est enceinte), au plus elle doit avoir trois mois", raconte à l'AFP Nelly Bugueño, la mère de Victor Zamora, l'un des 33 mineurs piégés sous la mine San José, dans le désert d'Atacama.
"Peut-être qu'on saura aussi si c'est un prince ou une petite princesse", ajouté Nelly, en même temps qu'elle met un peu d'ordre dans la grande tente qu'elle partage depuis un mois avec d'autres familles, dans le "Camp Espoir", ville de toile improvisée par les familles aux portes de la mine.
"Victor, lui, est sûr que ce sera une princesse, et ils ont déjà choisi le nom, Paz Victoria", poursuit Nelly, dont le fils a déjà passé 33 jours sous terre, depuis l'éboulement du 5 août.
Zamora, 33 ans, n'est pas l'un des plus passifs au fond.
C'est lui qui dans la toute première vidéo émouvante des hommes hirsutes au fond, lance la promesse d'une "p... de fête" à leur sortie.
Lui qui a écrit un poème, inspiré par leur désespoir des premiers jours, quand les sondes les cherchaient en vain. "Plusieurs jours ont passé sans rien savoir (...) Et moi ici au fond je me suis mis à pleurer".
Lui qui récemment s'est plaint des lettres qui n'arrivent pas toutes, amenant les autorités à rappeler que "la communication est là pour aider les secours, ce n'est pas une fin en soi. Ceci n'est pas un bureau de poste".
A Jessica, lors de leur première conversation par radio-téléphone il y a dix jours, il avait paru "calme, serein. Il avait confiance: on va bientôt se retrouver", racontait-elle.
Sa photo orne un petit "autel" dans la tente que partagent quatre familles. Une tente, ou plutôt une grande bâche de nylon reposant sur une structure en bois. Mais tout de même un "coin cuisine" avec réchaud à gaz et marmites, un "coin pour dormir", et un "coin séjour", qu'ordonne Nelly.
A côté de la photo de Victor sur l'autel-table en plastique, trônent celles d'autres mineurs, une Bible, trois chapelets, un dessin d'enfant avec la mention "Allez, mineurs du Chili, Courage !", des images de la Vierge et de Jésus, et des bougies chargées de cire écoulée, traduisant les longues nuits.
"A un moment donné j'ai senti, j'ai su, que tous étaient vivants", affirme Nelly des longues journées (17) où l'on ne sut rien du sort des mineurs.
"Je crois que Dieu les a mis là (en bas) pour une raison. Dans le monde, pas une feuille ne bouge sans que Dieu le décide, et je sais qu'il fait tout pour le Bien".
Selon les autorités, les mineurs seront secourus entre "début novembre, dans un scenario optimiste" et début décembre, soit deux à trois mois. Le sexe du futur bébé de Victor Zamora devrait alors être connu sans doute possible.
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