ActualitesUne devinette écolo: qu'est-ce qui ne fait pas de bruit, se fond dans le paysage, ne massacre pas les oiseaux et produit une énergie propre non subventionnée? Réponse de deux entrepreneurs alsaciens: "l'aérocube", une petite éolienne que l'on installe sur le faîte de sa maison et dont la turbine réagit aux vents pour produire de l'électricité
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Une éolienne à Salles-Curan (centre de la France), le 22 avril 2009
STRASBOURG (AFP) |
Philippe Léonard et Pol Van de Perre, gérants de la société Aeolta à Strasbourg, ont imaginé une éolienne individuelle et modulable qui se fait la plus discrète possible quitte à ne pas rechercher pour l'instant de haute performance énergétique.
Ils veulent livrer leurs premiers clients en septembre et équiper plusieurs milliers de maisons d'ici à 2012, "car les Français sont sensibles à la notion d'énergie propre et de proximité".
Selon l'American Wind Energy Association, il existait l'an dernier sur la planète près de 20.000 machines "micro-éoliennes" installées sur des maisons ou ailleurs, très majoritairement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
L'aérocube conçu en Alsace ne cherche pas à rivaliser avec des éoliennes plus puissantes mais plus encombrantes et disgracieuses, plantées dans des jardins ou juchées sur le toit d'immeubles.
Son esthétique rappelle les séchoirs à tabac ou les pigeonniers que l'on trouve encore en Alsace et dans d'autres régions. Pas plus volumineuse qu'une cheminée, l'éolienne peut être recouverte par les tuiles retirées pour accueillir l'installation ce qui l'intègre dans l'architecture de la maison.
Elle ne fait pas de bruit car sa turbine est entraînée à la même vitesse que le vent qui la pousse. "Bref, elle évite tout conflit avec le voisinage", affirme Philippe Léonard.
Mais si l'aérocube a incontestablement un plus esthétique sur ses rivales qui tournent dans des jardins ou sur les toits des grands édifices, il n'en aura jamais la puissance, d'autant que le module n'est pas orientable.
Il produit ses premiers watts dès 4 km/h de vent en exploitant "l'effet venturi" provoqué naturellement par le vent lorsqu'il remonte le toit et s'engouffre dans le module. Sa turbine triple la force du vent et le module peut produire, selon les régions, entre 500 et 2.O00 kW/h par an équivalents à 5% à 20% des besoins d'un pavillon de 120 m2.
Le propriétaire peut poser plusieurs modules et s'équiper de surcroît d'un panneau solaire, "car l'avenir des énergies nouvelles, c'est une combinaison de solutions", affirment les créateurs d'aérocube.
Alors qu'un panneau solaire de 10 m2 nécessite d'investir 10.000 euros, Aeolta veut vendre ses modules, dont la fabrication va commencer, à moins de 5.000 euros pose comprise, soit un coût global de l'éolien 30% en dessous du photovoltaïque.
Mais l'éolien "domestique" n'est amortissable qu'après 15 ou 20 ans, en l'absence actuelle de subventions et d'une réglementation permettant de le raccorder au réseau pour revendre un éventuel surplus.
EDF rachète actuellement environ 60 centimes du kW/h l'énergie solaire intégré, car "le marché français a plutôt été formaté pour le solaire et le voltaïque", reconnaît M. Léonard.
Il souhaite que l'énergie des micro-éoliennes puisse aussi être réinjectée dans le réseau public "pour être consommée dans le voisinage immédiat", une condition indispensable pour que l'éolien domestique puisse prendre son envol.
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