1er mai: les syndicats défendent à l'unisson le pouvoir d’achat

Menara avec map / .
01.05.2018
16h29
Partager Version imprimable Commenter (0)
Marche syndicaliste au Maroc | Ph: Mohsine Idrissi / Archives
Marche syndicaliste au Maroc
Les centrales syndicales ont fait de la célébration du 1er mai une tribune pour défendre le pouvoir d’achat des salariés, les libertés syndicales et l’intégrité territoriale du royaume.

Les leaders de différents syndicats ont plaidé dans leurs discours, lors de meetings centraux respectifs, tenus mardi à Casablanca, pour une augmentation générale des salaires et une plus grande protection de l’action syndicale, dans une sorte de fin de non-recevoir à la dernière offre gouvernementale relative à une augmentation de 300 DH pour certaines catégories de fonctionnaires et une remise en question du projet de loi organique sur le droit de grève.

Ainsi, l’Union marocaine du travail (UMT) a réitéré son rejet de tout accord social qui n'inclut pas comme préalable le renforcement du pouvoir d’achat des travailleurs, à travers une augmentation des salaires.

Son Secrétaire général, Miloudi Moukharik, a souligné lors d’un meeting que la revalorisation des salaires serait la réponse "aux dommages résultant de la hausse vertigineuse des prix, à cause des politiques d’indexation, de démantèlement du système de compensation et des charges d’enseignement et de santé que doivent supporter les familles".

La participation au dialogue social "ne signifie pas un renoncement à la dénonciation et à la réprobation des orientations préjudiciables aux travailleurs et au mouvement syndical", a fait remarquer M. Moukharik, dont la centrale a choisi cette année le slogan "Non aux attaques contre le droit syndical, au licenciement des représentants syndicalistes, à la promulgation de la loi organique restrictive du droit à la grève et au blocage des mécanismes du dialogue social".

Pour sa part, La Confédération démocratique du travail (CDT) a plaidé pour un dialogue social ''sérieux'' tout en respectant les libertés syndicales et le Code du travail.

S'exprimant lors d’un meeting organisé à cette, le secrétaire général adjoint de la Confédération, Abdelkader Zair, a fait savoir que la CDT, qui célèbre le 1er mai sous le signe "Le dialogue national est primordial pour le règlement des questions sociales, économiques, politiques et culturelles", est déterminé à faire réussir le dialogue social et instaurer un nouveau pacte social, basé sur la préservation de la paix sociale et la consolidation du processus démocratique.

Il a également souligné que la proposition du gouvernement concernant l’augmentation des salaires (300 dh sur 3 années et une augmentation de 100 dh des allocations familiales) est une proposition "insignifiante qui ne répond point aux revendications sociales et matérielle les plus élémentaires de la classe ouvrière".

Le secrétaire général de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) , Abdelilah El Hallouti, a exhorté, quant à lui, le gouvernement "à persévérer dans le dialogue social, à donner une nouvelle chance à la négociation et à revoir sa dernière offre en consentant un effort supplémentaire, à même de peaufiner les propositions relatives à la hausse des salaires dans le sens de son amélioration et sa généralisation aux secteurs public et privé, ainsi que celles se rapportant au volet législatif et aux délais d’exécution".

Il a incité le gouvernement à "assumer ses responsabilités" en matière de mise en œuvre des points en suspens de l’accord du 26 avril 2011 et de conception d’un cadre efficient d’une véritable négociation collective et d’un dialogue sectoriel régulier et productif.

Le dirigeant syndical a, en outre, appelé à l’activation des dispositions constitutionnelles portant sur les droits économique et social, notamment l’accès aux services de santé, à la protection sociale, aux libertés individuelles et collectives et à l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés.

La Fédération démocratique du travail (FDT) a, quant à elle, plaidé pour la protection des droits sociaux de la classe ouvrière, estimant que "les revendications justes et légitimes des travailleurs n'admettent point de retard".

S’exprimant lors d’un meeting organisé sous le signe "Contre la politique du gouvernement portant atteinte aux acquis, aux droits et aux libertés", le Secrétaire général de la FDT, Abdelhamid Fatihi, a fait savoir que lesdites revendications "ne doivent pas faire les frais de la politique du gouvernement dans le domaine social''.

M. Fatihi a, à cette occasion, mis l’accent sur la nécessité de répondre de manière urgente aux demandes portant sur l’augmentation des salaires, la révision de l’impôt sur le revenu et l’allégement des charges sociales pour freiner la détérioration du pouvoir d’achat de la classe ouvrière.

Par ailleurs, les dirigeants de ces syndicats ont saisi l’occasion pour stigmatiser les dernières provocations des adversaires de l’intégrité territoriale du royaume, mettant l’accent sur le renforcement de la solidité du front intérieur pour faire face à toutes les manœuvres hostiles à la première cause nationale.

Ainsi, le secrétaire général de l’UMT, M. Moukharik a souligné que la célébration de la Fête du Travail coïncide avec de nouvelles provocations des ennemis de l’intégrité territoriale, qui usent de manœuvres et de stratagèmes pour atteindre à la stabilité dont jouit la région.

Certains secteurs de la zone tampon ont vécu, au cours des derniers jours, une escalade dangereuse en violation flagrante de la légalité internationale, dans un développement sans précédent dans l’histoire de ce conflit artificiel imposé au Maroc, a-t-il déploré.

Lesdites zones sont des terres marocaines et le royaume n’acceptera en aucun cas que les adversaires de la souveraineté nationale trouvent la parade pour les transformer en un déversoir pour les problématiques des camps dans lesquels ils se sont empêtrés, a affirmé le leader syndical.

Même son de cloche chez le Secrétaire général adjoint de la CDT, Abdelkader Zair, qui a plaidé pour une mobilisation tous azimuts pour faire échec aux manœuvres visant à porter atteinte à la l’intégrité territoriale du royaume, appelant l’Algérie à revoir sa position globale vis avis de la cause nationale en vue de créer un climat d’entente et faire de la région un espace de coopération économique et commerciale.

De son côté, M. El Hallouti a relevé que l’UNTM restera, comme à son habitude vigilante et présente sur le terrain pour une action militante "sincère et responsable" pour la défense des causes justes, particulièrement la question de l’intégrité territoriale qui fait face aux provocations visant à perturber les efforts du royaume pour parvenir à une solution durable et réaliste, dans le respect des résolutions onusiennes et de la souveraineté nationale.

Il s’est, à cet effet, adressé à la communauté internationale, essentiellement l’ONU en tant que facilitateur d’une solution politique, pour assumer son entière responsabilité pour faire cesser les actes provocateurs des séparatistes, qui mettent en péril la stabilité régionale.

Dans la même veine, M. Fatihi a assuré que la FDT "ne ménage aucun effort pour accomplir son rôle en matière de défense de l’intégrité territoriale et d’appui à la solution politique sous les auspices de l’ONU, sur la base de la proposition marocaine d’autonomie".

Il s'est félicité de la fermeté affichée par l'ensemble des composantes de la société contre l'incursion dans la zone tampon par les séparatistes, dont les manœuvres ont été avortées par la décision du Conseil de sécurité qui "a rendu justice, même partiellement, à la position équilibrée du Maroc et réduit à néant les visées du front polisario".

Commenter

*champ obligatoire

Menara toujours avec vous...