Rapport Bouanou: "une insulte à l'intelligence des Marocains"

Menara.ma / Said Raissi
16.05.2018
14h59
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Le président du Groupe justice et développement, Abdellah Bouanou | Archives
Le président du Groupe justice et développement, Abdellah Bouanou
Une mission parlementaire a présenté, mardi à Rabat, un rapport très attendu sur les prix des hydrocarbures.

Des conclusions qui ont pris un relief particulier depuis qu'une campagne de boycott a été lancée il y a près d'un mois au Maroc, visant notamment les stations "Afriquia".

"Il n'existe qu'une seule version du rapport" s'est d'abord défendu, lors de l'exposé de ce rapport, le député PJD Adellah Bouanou, président de la mission parlementaire en réaction aux récentes fuites dans la presse qui font état de l'existence d'une version antérieure à une version finale "édulcorée", selon Telquel.

L'hebdomadaire qui a chiffré à 15 milliards de dirhams le cumul du surplus payé par les automobilistes marocains à la pompe depuis la libéralisation des prix des carburant fin 2015, avait notamment pointé du doigt une version finale "expurgée de ses principales conclusions".

"Le plus grand bénéficiaire de la libéralisation est l'Etat (...) et à travers lui le citoyen"" a notamment affirmé, lors de la présentation de ce rapport, Driss Azami Idrissi, président du groupe parlementaire du PJD, cité par le site d'information Médias 24. Selon le rapport, l'Etat aurait économisé environ 35 milliards de DH par an.

Un chiffre contesté par le député Omar Balafrej (FGD) contacté par Menara. "C'est une insulte à l'intéligence des Marocains" s'insurge le député présent lors de la présentation du rapport. Omar Balafrej réfute l'argument d'un bénéfice pour le contribuable, en tout cas sur les deux dernières années, puisque, selon lui, les cours étaient en baisse.

Omar Balafrej, qui a demandé, lors de la présentation, d'ajouter en annexe au rapport les bilans des quatre entreprises "Afriquia", "Total", "Petrom" et "Shell", dénonce par ailleurs les importantes marges (17 milliards selon lui) qui ont bénéficié aux entreprises pétrolières depuis la libéralisation. Des bénéfices qui selon lui, posent un véritable problème éthique, d'autant plus, ajoute-t-il, que certains de ces opérateurs font partie du gouvernement. 

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