Le Lymphome, cette maladie perfide mais curable !

Menara avec map / .
14.09.2018
14h39
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Un patient atteint d'un cancer en radiothérapie | AFP
Un patient atteint d'un cancer en radiothérapie
Épuisement général, perte d'appétit, gonflement indolore du ganglion lymphatique, démangeaisons, tels sont les symptômes du lymphome, un cancer peu connu qui s'attaque au système lymphatique.

Une pathologie certes lourde et handicapante, mais curable si un dépistage précoce est effectué.

Appelé également lymphosarcome, le lymphome est un cancer qui se développe aux dépens des lymphocytes, cellules dont le rôle est essentiel dans les réactions de défense immunitaire. Selon leur nature, les lymphomes sont dits "hodgkiniens" ou "non hodgkiniens", et sont de degrés de gravité variables.

"La prévalence au Maroc n'est pas bien établie en l'absence d’un registre national, et on estime que 2.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année", a indiqué Dr El Mehdi Tazi dans un entretien à la MAP à l’occasion de la Journée mondiale des lymphomes (15 septembre).

"Le Lymphome peut survenir à tout âge avec des signes cliniques qui sont variables", a-t-il relevé, précisant que "plus on diagnostique ce cancer à un stade précoce, meilleures sont les chances de guérison".

De l'avis de cet ancien oncologue à l’Hôpital Saint Antoine à Paris, actuellement installé à Kénitra, "il faut penser à consulter devant des ganglions enflés au cou, aux aisselles ou à l’aine, une fatigue ou une fièvre inexpliquée, des sueurs nocturnes importantes ou une perte de poids sans cause apparente".

De son côté, Nawal Ahbeddou El Ouazzani, oncologue médicale dans la même ville, a précisé que depuis plus de 20 ans, des progrès notables ont été obtenus dans le combat contre cette maladie, notamment la chimiothérapie, la radiothérapie, les thérapies ciblées, ou encore la greffe de moelle osseuse ou l’immunothérapie.

Cette praticienne a expliqué que le programme des traitements est adapté en fonction du type de lymphome, du stade de la maladie et de l’état de chaque personne, mettant l’accent sur la nécessité de planifier un traitement à la carte pour chaque patient, lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire, impliquant hématologues, anatomopathologistes, oncologues, radiothérapeutes et autres spécialistes.

S'agissant des remèdes, Mme El Ouazzani a relevé que la plupart des médicaments sont disponibles au Maroc, en dépit des coûts élevés dépassant parfois 20.000 dirhams par cure. En tout cas, selon elle, la contribution des organismes de sécurité sociale peut couvrir jusqu’à 95% des coûts du traitement.

Elle a précisé que le taux de survie à 5 ans des patients est ainsi passé de 42% dans les années 1990 à 80% aujourd’hui.

Abondant dans le même sens, la médecin chef du service hématologie à l’hôpital du 20 Août 1953 à Casablanca, Asmaa Quessar, a précisé qu’environ 3000 nouveaux cas de lymphomes devraient être diagnostiqués au Maroc chaque année, relevant que sur une population de 35 millions, seuls moins de 2000 cas seraient identifiés annuellement.

D'après Mme Quessar, les causes de la maladie sont en grande partie mystérieuses, sachant que l’incidence dans le monde semble prendre de l'ampleur en raison de facteurs environnementaux, mais aussi de l'allongement de l'espérance de vie.

Les efforts sont considérables pour permettre de faire un diagnostic précoce et précis, a fait observer l’hématologue, qui souligne que le traitement est variable en fonction du type de lymphome.

Toutefois, l'action des associations reste encore "timide" dans ce domaine, a-t-il déploré estimant qu'il y a encore du chemin à parcourir en matière de développement de l'éducation thérapeutique des patients, qui est "un bon levier à exploiter". "Il manque aussi un accès aux médicaments des patients qui sont en rechute ou réfractaires" a-t-elle-signalé.

La Journée mondiale des lymphomes, célébrée le 15 septembre de chaque année, est l'occasion d'informer et d'accompagner les patients et leurs proches, mais aussi de sensibiliser le plus grand nombre de personnes pour mieux connaître et reconnaître cette maladie.

L'ambition est notamment de porter un message d’espoir et d’optimisme autour des progrès thérapeutiques qui ont pu être réalisés ces dernières décennies.

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