Présidentielle en Russie: Poutine archi-favori pour un nouveau mandat

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14.03.2018
11h33
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Le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 20 février 2016 | afp
Le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 20 février 2016
A quelques jours des élections présidentielles en Russie, il semble que le président sortant Vladimir Poutine (65 ans) remporterait haut la main ce scrutin prévu le 18 mars courant.

A en croire les sondages, M. Poutine devrait remporter sans surprise la présidentielle de dimanche, face à sept candidats dont le leader du parti communiste, Pavel Groudinine, le président du parti libéral-démocrate, Vladimir Jirinovski et la candidate pour le parti Initiative citoyenne, Ksenia Sobtchak.

En effet, une récente enquête réalisée entre le 5 et 7 mars sur un échantillon de 4.000 personnes de plus de 18 ans par le centre russe pour les sondages d'opinion a montré que près de 69 % des électeurs russes voteraient pour M. Poutine contre 7 % pour son rival immédiat, M. Groudinine et 5 % pour M. Jirinovski et seulement 2 % pour la candidate ''contre tous'' Ksenia Sobtchak.

Les autres candidats, en l'occurrence, Grigory Lavlinski (Parti Labloko-la Pomme) et Sergueï Babourine (Parti de l'union populaire de Russie) n'ont obtenu que le score très négligeable de 1 %, talonnés par Maxime Souraïhine (Parti communistes de Russie) et Boris Titov (Parti de la croissance) avec moins de 1 %.

Pour l'analyste politique, Timor Douidar, même si le président sortant se présente aux élections comme candidat indépendant, il n'en reste pas moins qu'il est, d'ores et déjà, désigné comme le vainqueur et ce, pour de multiples raisons, entre autres, le soutien en force du parti au pouvoir ''Russie Unie'', son immense popularité ainsi que le soutien affiché en sa faveur par la quasi-majorité des dirigeants conservateurs.

Il note, par ailleurs, que les préoccupations des électeurs portent principalement sur l'amélioration des prestations fournies par les services publics et la mise à niveau des infrastructures et n'affichent aucun enthousiasme pour les programmes et discours défendus par certains candidats nostalgiques de l'ère de l'ex-Union soviétique.

Il fait remarquer, cependant, que Pavel Groudinine, le président du parti libéral-démocrate, se positionne comme le candidat le plus sérieux face à Vladimir Poutine et ce, au vu de sa popularité grandissante et le soutien dont il bénéficie de la part de la gauche et des mouvements nationalistes, outre son programme électoral axé sur la relance économique dans le pays.

Dans son message annuel le 1er mars devant le parlement (Assemblée Fédérale), M. Poutine qui a accédé à la magistrature suprême en 2000, a promis d'améliorer le niveau de vie des Russes et diviser par deux le niveau de pauvreté ''inacceptable'' lors de son quatrième mandat de six ans.

Vladimir Poutine a débuté son allocution en insistant sur la nécessité d’améliorer ''le bien être'' de la population et d’investir dans les infrastructures et la santé pour éviter à la Russie de prendre du ''retard'', ce qui constitue, selon lui, son ''principal ennemi''.

''Les prochaines années seront décisives pour la vie du pays'', a insisté le président russe, jugeant ''essentiel le développement du bien être''.

''Nous devons résoudre l’une des tâches clés de la prochaine décennie : pourvoir une croissance certaine et à long terme des revenus réels des citoyens et réduire en six ans au minimum par deux le taux de pauvreté'', a déclaré M. Poutine.

Il a aussi fait savoir que le nombre de personnes confrontées à la pauvreté dans le pays était passé de 42 millions en 2000 à environ 20 millions actuellement.

Concernant le programme électoral de son rival, M. Groudinine, ce dernier promeut une nouvelle politique économique grâce à des réformes ciblées pour la prospérité des russes, insistant tout particulièrement sur la nécessité pour le pays de retrouver sa ''souveraineté économique''. Pour sa part, le candidat du parti libéral-démocrate, Vladimir Jirinovski défend des réformes socio-économiques et politiques radicales ainsi que la suppression des peines pour extrémisme et violation du droit de manifester ou encore le bicaméralisme.

Quant à la candidate ''contre tous'', Ksenia Sobtchak, elle plaide pour des réformes libérales, la relance des relations de coopération avec les Etats-Unis et l'Ukraine, le retrait des troupes russes de Syrie, la libération des ''détenus politiques'' ou encore la réduction de l'influence de l’église orthodoxe.

De son côté, le nationaliste Sergueï Babourine (Parti de l'union populaire de Russie), promet des amendements constitutionnels pour une réelle indépendance de la justice, la gratuité de l'enseignement et les prestations sociales, ou encore moins de dépendance de l'économie russe par rapport aux hydrocarbures.

A noter que la Douma (chambre basse du parlement) a adressé des invitations à pas moins de 250 observateurs internationaux pour assister aux prochaines élections présidentielles dont le coût est estimé à 295 millions de dollars, selon la présidente de la Commission centrale électorale, Ella Pamfilova, laquelle a assuré, dans une déclaration à la presse, que ''la transparence financière'' sera de rigueur lors de ce scrutin marqué par un nombre record de candidats, mais qui s'annonce sans surprise.

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