Aquarius, entre terreur et soulagement

Menara.ma / AFP
13.06.2018
23h48
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Des migrants subsahariens | Archives
Des migrants subsahariens
Les 629 migrants entassés sur le navire humanitaire Aquarius vivent depuis dimanche entre terreur d'un retour en Libye et soulagement de toucher enfin la terre.

Les 629 migrants entassés sur le navire humanitaire Aquarius vivent depuis dimanche entre terreur d'un retour en Libye et soulagement de toucher enfin la terre, même s'il leur faut encore braver quatre jours de mer, a déclaré mardi à l'AFP Anelise Borges, une journaliste d'Euronews à bord du bateau.

"Il y a quelques instants on leur a dit que nous partions pour l'Espagne, il y a eu d'abord ce flottement du +quoi?+, puis ils ont commencé à parler entre eux et la grande majorité était contente, ils ont commencé à applaudir", a raconté au téléphone Anelise Borges.

"Ils ont dit : +Merci Europe de nous laisser entrer+ avant de plaisanter sur des joueurs de football du Real Madrid et de Barcelone".

Ces 629 migrants secourus au large de la Libye, dont sept femmes enceintes et onze enfants en bas âge, sont restés pendant plus de 48 heures ballotés par les vagues de la Méditerranée au large de Malte, attendant de connaître leur sort, et ignorant tout de la bataille engagée dans leur dos.

L'Italie et Malte se sont livrés pendant le week-end à un véritable bras de fer, aucun de ces deux pays ne voulant ouvrir ses ports à l'Aquarius, jusqu'à ce que l'Espagne annonce lundi sa décision de l'accueillir.

Mais pas question pour le capitaine de l'Aquarius de naviguer sur près de 800 milles (quelque 1.500 km), dans des creux de deux mètres, selon la météo attendue, avec 629 passagers en partie entassés sur le pont, a ajouté cette journaliste.

Deux navires italiens, des gardes-côtes et de la Marine, devaient donc prendre à leur bord plusieurs centaines de ces migrants et escorter l'Aquarius jusqu'à Valence (Espagne).

"La situation à bord est calme pour le moment compte tenu du temps que les gens ont déjà passé ici et de ce qu'ils ont traversé" avant d'être secourus, a assuré Anelise Borges, alors que les opérations de transfert des passagers avaient à peine débuté. "Ces personnes ont passé 20 à 30 heures en mer avant d'être secourues par l'Aquarius et d'autres navires. Elles sont donc très fatiguées, elles veulent juste arriver quelque part, mais elles sont patientes".

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