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Dahit2
19.10.2017 - 09:52
Les Voyages d’Ibn Battûta sont restés connus uniquement du monde musulman jusqu’au XIXe siècle, lorsqu’ils ont été traduits en allemand, puis en anglais et en français. Pourtant, son récit de voyage a consacré un genre littéraire à part entière, la rihla, genre initié par son prédécesseur et autre grand voyageur arabe Ibn Jubayr (1). « Rihla est le mot arabe désignant le voyage et, par la suite, le récit que l’on en fait. » (2) Qui était Ibn Battûta ? Quel a été son apport à la science et à la littérature arabes du XIVe siècle ? Vie d’Ibn Battûta A quelques détails près, toutes les informations dont nous disposons à propos d’Ibn Battûta proviennent de ses écrits personnels. Dans son ouvrage co-rédigé en 1356 avec Ibn Juzzay, il relate ses aventures et ses multiples voyages qui l’ont conduit aux quatre coins du monde connu de 1325 à 1354. On apprend ainsi qu’Abu Abdallah Ibn Battûta est né à Tanger en 1304, sous la dynastie Marinide. Il fait des études de droit coranique et quitte Tanger dans le but d’effectuer le pèlerinage à La Mecque, ou hajj, en 1325. Il atteint l’Arabie en un an et demi, visitant au passage l’Afrique du Nord, l’Egypte, la Palestine et la Syrie. Son pèlerinage effectué en 1326, il découvre la Perse et l’Irak, puis retourne à La Mecque. Il embarque ensuite à destination de l’Afrique de l’Ouest, et navigue jusqu’à Kilwa, en actuelle Tanzanie, après être passé à Mogadiscio, Mombasa et Zanzibar. Au retour, il visite Oman et le Golfe persique avant de se rendre de nouveau à La Mecque. Vers l’an 1330, il reprend la route. Il décide d’aller en Inde dans le but d’être engagé par le sultan de Delhi. Pour ce faire, il voyage pendant trois ans. Il passe par l’Egypte, la Syrie, Constantinople, l’Asie Mineure, la Mer Noire et l’Afghanistan. Ibn Battûta demeure huit ans en Inde, employé par Muhammad Tughluq, le sultan de Delhi. Il se voit confier un poste de qadi, de juge. En 1341, le souverain le commissionne pour mener à bien une expédition vers la cour de l’empereur mongol de Chine. Le navire s’étant échoué au sud-ouest de l’Inde, Ibn Battûta en profite pour voyager pendant deux ans aux Maldives, en Inde du Sud et à Ceylan (actuel Sri Lanka). Aux Maldives, il exerce une fonction de qadi. En 1345, il se rend de lui-même en Inde par mer. Il en profite pour visiter le Bengale, la Birmanie, l’Île de Sumatra et le sud-est de la Chine jusqu’à Canton. Il affirme avoir voyagé jusqu’à Pékin par voie terrestre, mais cette affirmation est douteuse. En 1346-1347, Ibn Battûta retourne à La Mecque et y effectue une dernière fois le hajj. En 1349 il rentre au Maroc, puis visite Grenade. Finalement en 1353, il accomplit son dernier voyage, qui le mène à travers le Sahara jusqu’au Mali et au Soudan. En 1355, il s’établit au Maroc pour ne plus repartir. C’est le sultan du Maroc qui commissionne en 1356 un jeune érudit d’origine andalouse, Ibn Juzzay, pour transcrire toutes les aventures d’Ibn Battûta. Son récit de voyages est écrit à la première personne et nous donne tous les renseignements qui nous sont parvenus à propos du Marocain. On apprend ainsi qu’il a épousé et répudié un nombre important de femmes, et en avoir pris un nombre encore plus important comme concubines. On sait aussi qu’il a mené une vie de courtisan, subsistant avec les grâces que lui apportaient les puissants des pays qu’il visitait. On comprend surtout l’importance de la religion dans son périple, car Ibn Battûta était avant tout un voyageur musulman.
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