zone euro : la crise boursière est-ce le scénario de l'été 2011?

afp
24.07.2012
01h35
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Un trader à la bourse de Francfort le 23 juillet 2012 | afp
Un trader à la bourse de Francfort le 23 juillet 2012
La zone euro qui se retrouve encore confrontée à une panique boursière liée à l'aggravation de la crise de la dette dispose de peu de moyens pour faire retomber la pression sur les marchés.

"Le problème est un peu le même que l'an passé, sauf que la situation est beaucoup plus grave", résume un diplomate européen.

Il y a tout juste un an, les dirigeants de la zone euro avaient organisé en catastrophe un sommet pour mettre sur pied un deuxième plan d'aide pour la Grèce. Au lieu de calmer les marchés, cela avait ravivé les craintes de contagion de la crise à des pays comme l'Italie, qui avait vu ses taux d'emprunt flamber, en plein mois d'août.

Aujourd'hui, la situation financière de la Grèce est toujours intenable, mais à cela se sont ajoutées les craintes sur l'Espagne.

La quatrième économie de la zone euro a demandé fin juin de l'aide pour son secteur bancaire, fragilisé par l'explosion d'une bulle immobilière.

Mais beaucoup craignent que ce sauvetage soit insuffisant et que le gouvernement espagnol finisse par demander une aide sur le même modèle que la Grèce ou l'Irlande, pour faire face à des taux d'emprunt évoluant à des niveaux insoutenables dans la durée. Ce climat favorise un vent de panique sur les marchés depuis plusieurs jours, ainsi qu'une chute de l'euro.

Malgré ce contexte explosif, le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a estimé lundi qu'il ne voyait aucune raison d'organiser d'urgence un nouveau sommet sur la crise de la zone euro.

Les dirigeants des 17 doivent théoriquement se retrouver en octobre à Bruxelles, et les ministres des Finances ont prévu une réunion fin août ou début septembre pour faire un point sur la situation de la Grèce et de Chypre.

Dans cet intervalle, rien n'est inscrit à l'agenda, même si les équipes sont facilement mobilisables, indiquent des sources européennes. "On ne peut tout de même pas se réunir à chaque fois que les marchés pètent les plombs", estime une source gouvernementale européenne.

Problème: les instruments existants pour faire baisser la pression sur les marchés sont limités ou ne sont pas tous en place. Les mesures annoncées lors du sommet des 28-29 juin, qui avaient été saluées, ne seront pas mises en place dans l'immédiat. Elles sont conditionnées à la mise en place d'un mécanisme de supervision bancaire qui ne devrait pas voir le jour avant début 2013.

En outre, le pare-feu permanent de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES), a pris du retard et ne sera pas sur pied avant fin septembre au mieux, car la Cour constitutionnelle allemande doit se prononcer le 12 septembre sur cet instrument doté d'une capacité de prêts de 500 milliards d'euros.

En attendant, la zone euro doit faire avec le fonds de secours existant, le FESF, qui dispose d'environ 200 milliards d'euros. Une somme toutefois jugée insuffisante pour "sauver" un pays comme l'Italie, lesté par une dette colossalle, ou pour prêter à l'Espagne.

"En cas d'intervention massive en août, il y a un problème", admet un diplomate européen.

En 2011, la tempête boursière s'était calmée quand la Banque centrale européenne était intervenue pour stabiliser les taux italiens, rappelle un autre diplomate. L'institut monétaire avait acheté de la dette italienne pour faire baisser ses taux d'emprunt. Une pratique qu'elle a depuis interrompu.

La BCE se montre réticente à réactiver ce mécanisme d'aide, estimant qu'il appartient aux responsables politiques de résoudre la crise et que les fonds de secours de la zone euro doivent prendre le relais.

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