Côte d'Ivoire : neuf femmes condamnées pour excision, une première

afp
19.07.2012
08h23
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Une femme devant une affiche de l'Unicef prônant l'arrêt de l'excision, le 17 novembre 2005 à Abidjan (Côte d'Ivoire) | afp
Une femme devant une affiche de l'Unicef prônant l'arrêt de l'excision, le 17 novembre 2005 à Abidjan (Côte d'Ivoire)
Neuf femmes ont été condamnées mercredi à Katiola, dans le nord de la Côte d'Ivoire, à un an de prison pour l'excision d'une trentaine de fillettes, un événement salué par l'ONU.

Ces femmes, âgées de 46 à 91 ans, ont été reconnues coupables de "mutilation génitale féminine" pour quatre d'entre elles, et de "complicité" pour les autres, pour l'excision d'une trentaine de fillettes en février à Katiola (400 km au nord d'Abidjan) lors d'une cérémonie rituelle.

Elles ont toutes été condamnées à un an de prison et 50.000 FCFA (75 euros) d'amende.

"Cette condamnation est la première du genre en Côte d'Ivoire" et "permettra de réduire le phénomène de l'excision", s'est réjoui auprès de l'AFP Patrick Yedess, chargé des questions d'état de droit au sein de l'Opération des Nations unies dans le pays (Onuci), présent au tribunal.

"Selon des sources concordantes, il n'y avait pas encore eu de jugement d'exciseuses en Côte d'Ivoire", a confirmé à l'AFP à Abidjan Suzanne Maïga Konaté, représentante résidente du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

"Par le passé, il y a eu des arrestations de femmes exciseuses, mais ces cas se limitent au commissariat avec règlement à l'amiable, sans aboutir à des jugements et condamnations, suite aux interventions de parents et des communautés locales", a-t-elle souligné.

Toutefois, les neuf femmes condamnées ne seront pas incarcérées, en raison de leur âge, selon l'UNFPA.

La pratique de l'excision perdure en Côte d'Ivoire, où elle touche environ 36% des femmes selon une enquête nationale de 2006 et 42% selon l'étude d'une ONG.

Elle est particulièrement courante au sein de certaines communautés musulmanes du Nord et animistes de l'Ouest (autour de 70-80% des femmes), malgré son interdiction votée en 1998 et suivie de nombreuses initiatives en faveur de son éradication.

Une fillette de trois ans est décédée fin 2011 des suites de ses blessures liées à cette pratique traditionnelle à Dabakala, à 80 km au nord-est de Katiola.

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