Benkirane défend sa politique devant le parlement

Menara.ma / Avec MAP
09.08.2012
15h56
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Abdelillah Benkirane se prononce devant la Chambre des Conseillers | Photo: Mohsine Idrissi
Abdelillah Benkirane se prononce devant la Chambre des Conseillers
Abdelilah Benkirane, est intervenu jeudi devant la Chambre des Conseiller lors d'une séance consacrée à l'examen de la politique générale. Voici quelques thèmes soulevés le chef de gouvernement.

LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

M. Benkirane a indiqué que le taux de pauvreté au Maroc est passé de 3,5 pc en 1990 à 0.6 pc en 2008.

Sur la base de deux dollars/jour pour un individu, la pauvreté a également connu une baisse passant de 30,4 pc en 1990 à 8.1 pc en 2008, alors que l'Objectif du millénaire a été fixé à 15,2 pc à l'horizon 2015, a-t-il ajouté.

Le chef de gouvernement a déclaré que la continuation sur cet élan demeure tributaire de l'action tendant à réduire le taux de la précarité qui a atteint 15.9 pc en 2008, contre 22.8 pc en 2001 et qui reste loin de l'objectif escompté pour 2015, à savoir 12 pc. A travers le suivi des différents rapports nationaux relatif aux OMD, l'on constate que le rythme de la baisse du taux de la pauvreté différait selon que l'on soit dans le milieu urbain ou rural et selon les régions, a relevé M. Benkirane insistant sur la nécessité de suivre le bilan de ces objectifs non seulement à l'échelle nationale, mais aussi au niveau des différentes régions du Maroc pour en évaluer la réalisation et adapter les politiques en fonction des besoins.

Afin que le Maroc soit au rendez-vous en 2015, le gouvernement entend oeuvrer à consolider les acquis et à accélérer le rythme des programmes ciblant les catégories pauvres et en situation précaire et ce, à travers le renforcement de la dynamique de l'investissement, dans le cadre du plan Maroc Vert qui intéresse directement les petits agriculteurs dans les zones en situation précaire et en poursuivant la réalisation des programmes de l'INDH (deuxième phase), a dit le chef de gouvernement.

Il a rappelé à cet égard que L'Enquête Nationale sur le Niveau de Vie des Ménages (2006-2007) avait montré une contribution de l'INDH dans l'amélioration des conditions de vie des populations ciblées, en ce sens que le taux de pauvreté y a reculé de 41.7 pc.

M. Benkirane a, d'autre part, souligné l'importance de renforcer le suivi, le contrôle et l'évaluation des projets, tout en veillant à ce qu'il y ait une totale harmonie entre les plans de développement locaux et à assurer leur compatibilité avec les programmes sectoriels des politiques publiques.

EDUCATION

Le gouvernement, a affirmé Abdelilah Benkirane, planche actuellement sur l'élaboration d'un plan stratégique pour la période 2015-2016 en vue de présenter une offre scolaire prenant en compte les principes d'équité et d'égalité des chances, l'amélioration de la qualité de l'enseignement et de la gouvernance du système éducatif, outre la bonne gestion des ressources humaines.

Le plan porte également, selon M. Benkirane, sur la consolidation du programme de création d'établissements scolaires, l'extension de leur capacité d'accueil au niveau de tous les cycles, la poursuite de leur mise à niveau et la réalisation d'infrastructures non disponibles, entre autres.

En matière de lutte contre l'analphabétisme, le chef du gouvernement a noté que la réalisation d'un taux de 100 pc quant à la maitrise de la lecture et l'écriture parmi les jeunes de 16 à 24 ans, reste un réel défi, rappelant qu'en dépit de l'amélioration de cet indicateur qui est passé de 58 pc à 79,5 pc entre 1994 et 2009, cet objectif reste tributaire de l'amélioration des programmes de l'éducation non formelle et de lutte contre l'abandon scolaire. Enfin, le gouvernement oeuvrera pour la mise en place rapide de l'Agence nationale de lutte contre l'analphabétisme, a conclu M. Benkirane

DROITS DE LA FEMME

Le chef du gouvernement a ajouté qu'en dépit des efforts déployés, les résultats obtenus restent en-deçà des attentes, notamment dans le domaine de l'emploi et de l'accès aux postes politiques.

Evoquant le domaine de l'éducation, M. Benkirane a souligné que l'indice de l'égalité entre les sexes au terme de l'année 2011/2012 a atteint 94 pc au niveau de l'enseignement primaire, 81 pc au niveau de l'enseignement secondaire et préparatoire et 95 pc pour l'enseignement qualitatif, enregistrant ainsi une hausse respective de 28 points, 11 points et 30 points par rapport à l'année scolaire 1990/1991.

La contribution de la femme en matière d'emploi reste insuffisante vu qu'elle ne concerne que le quart de la population active en 2011, a dit le chef du gouvernement, notant que ces écarts se manifestent au niveau du chômage qui touche en grande partie les femmes avec 10,8 pc contre 8,4 pc pour les hommes.

L'accès des femmes aux postes de décision demeure faible et ce malgré les progrès réalisés à ce niveau puisque le taux de la représentation des femmes dans les postes de responsabilité au sein de l'administration publique a atteint 15,3 pc et 14,7 pc pour les postes d'ambassadeurs, a-t-il poursuivi.

Pour faire face à cette situation, M. Benkirane estime qu'il importe de mettre en place les conditions nécessaires pour promouvoir le travail de la femme, soulignant que ceci nécessite un effort éducatif, législatif et exécutif en plus des efforts à fournir par les femmes et les hommes qui occupent des postes de responsabilité.

Après avoir rappelé le plan gouvernemental pour l'égalité des genres qui vise la consécration de l'équité, M. Benkirane a exprimé la détermination du gouvernement à oeuvrer en faveur de la promotion des libertés et des droits de la citoyenneté responsable, de la qualification politique et économique des femmes et du renforcement de leur participation dans la vie publique et de leur présence dans les postes de prise de décisions tout en leur garantissant l'égalité des chances.

Ce plan vise à renforcer et protéger la famille, à soutenir les familles en situation difficile prises en charge par des femmes, à dynamiser le fonds de solidarité familiale et à appuyer la stabilité familiale des femmes veuves et celles en situation difficile, a-t-il rappelé, ajoutant que des amendements seront introduits pour faciliter les conditions de bénéficier de ce fonds.

Ce plan ambitionne également d'aider les femmes à faire face à l'analphabétisme, à la pauvreté et à la violence et veiller à renforcer la contribution des femmes dans la cadre de la deuxième étape du programme de l'Initiative nationale pour le développement humain.

DEVEOPPEMENT DURABLE

La garantie d'un environnement durable se base sur l'intégration des principes du développement durable dans les politiques publiques et l'amélioration de la vie des habitants dans les zones non structurées, a affirmé mercredi le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane.

Cet objectif exige également la diminution de la perte de biodiversité, la réduction de moitié du taux des personnes privées d'accès à l'eau potable et aux installations sanitaires, a ajouté M. Benkirane devant la Chambre des Conseillers.

Le chef de gouvernement a souligné que la préservation de l'eau potable exige des actions urgentes pour le développement de la qualité de l'eau et la protection des eaux souterraines contre toutes les formes de pollution ainsi que le développement du programme d'approvisionnement en eau, en particulier dans les zones rurales.

Concernant l'accès à l'eau potable et le traitement des eaux usées, M. Benkirane a indiqué que, grâce aux efforts déployés, le taux d'accès à l'eau potable dans les zones rurales est passé de 14 pc en 1994 à 91 pc à fin 2010, tandis que le taux de connexion au réseau d'approvisionnement en eau potable est passé de 81 pc en 1994 à 96,2 pc en 2009.

M. Benkirane a relevé que la protection des zones forestières constitue une priorité dans le développement, vu le recul inquiétante enregistré au cours des dernières années, dans les superficies forestières.

Pour faire face aux menaces sur l'environnement et réduire la facture énergétique, une stratégie nationale de l'énergie a été adoptée pour le développement des énergies renouvelables afin d'atteindre 42 pc de la puissance énergétique et 20 pc de la demande nationale d'électricité d'ici 2020, a affirmé le chef de gouvernement.

D'autre part, M. Benkirane a précisé que le Maroc est un acteur agissant dans la conclusion de partenariats mondiaux pour le développement. Ainsi le Maroc a développé des partenariats avec certaines institutions internationales, en plus de sa contribution à l'effort international visant à réformer les mécanismes de la coopération internationale et garantir sa cohérence avec les politiques nationales.

Dans ce contexte, il a mis en relief les initiatives positives du Maroc en faveur des pays africains les moins avancés, à travers la facilitation de l'accès de leurs produits au marché marocain ou la suppression de la dette dont ils sont redevables à son égard.

L’OPPOSITION SCEPTIQUE

L'opposition s'est montrée mercredi sceptique sur la capacité de l'exécutif à honorer les engagements du Maroc en faveur des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Lors d'une séance de la Chambre des conseillers sur la politique générale du gouvernement, les groupes de l'opposition ont estimé que les indicateurs relatifs aux OMD au Maroc "demeurent globalement préoccupants", en dépit des efforts engagés pour la généralisation de la scolarité et la lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion. La date butoir fixée par la communauté internationale en vue de leur concrétisation arrive à échéance dans deux ans.

"Toutefois, les actions mises en oeuvre restent en deçà des attentes eu égard à l'ampleur du déficit social en termes de pauvreté, de chômage et de détérioration des conditions de la classe moyenne", ont-ils déploré, citant à cet égard la mortalité maternelle et infantile, le faible accès à l'école surtout parmi les filles en milieu rural et l'absence de politiques globales en matière de gestion des déchets.

Dans ce contexte, l'opposition a appelé l'exécutif à accélérer la cadence de ses actions en oeuvrant à la recherche de nouvelles sources de financement et des solutions novatrices du genre de la lutte contre l'évasion fiscale, le détournement des fonds à l'étranger et l'élimination du phénomène des fonctionnaires fantômes.

Chiffres à l'appui, les groupes d'opposition sont revenus sur les difficultés auxquelles s'est heurtée l'économie nationale durant le premier semestre 2012, dont selon eux la perte de 109.000 emplois, la montée du taux de chômage de 9,1 à 9,9 pc et la baisse du taux de croissance à 3,4 pc.

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