Imilchil: ouverture du moussem des fiançailles

MAP
14.09.2012
17h28
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Jeune femme de la région d'Imilchil | Archives
Jeune femme de la région d'Imilchil
Le mythique moussem annuel des fiançailles d'Imilchil s'est ouvert, jeudi, par la cérémonie traditionnelle du mariage collectif.

Au total, trente-sept couples, parés de leurs costumes traditionnels réservés à l'occasion et propres à la région, se sont succédés devant "les Adouls" sous une tente berbère, pour officialiser leur union et partant perpétuer une légende éternelle glorifiant l'amour idyllique. L'événement est organisée à la place entourant le Mausolée du Saint Sidi Hmad Oulamghani au village d'Ait Aameur (commune rurale Bouzmou), à une vingtaine de kilomètres du centre rural d'lmilchil.

A ce propos, des membres du comité d'organisation de cette fête populaire annuelle ont tenu à préciser, dans une déclaration à la MAP, que la décision de mariage des différents couples a été prise bien avant la tenue du moussem.

La journée inaugurale de cette manifestation à dimensions économique, sociale et culturelle a été également marquée par une ambiance festive. Le public, composé des habitants de la région et des visiteurs de cette bourgade du Moyen-Atlas oriental, a été convié dans l'après-midi à savourer le spectacle donné par les troupes folkloriques, notamment de l'art d'Ahidous et tamaouayt, qui se sont succédées sur la scène aménagée sur la place du moussem pour mettre en avant le patrimoine artistique et musical spécifique à cette région.

Cette fête populaire (moussem), dont la notoriété a dépassé les frontières nationales, se tient en parallèle avec la 9ème édition du festival des "Musiques des cimes" (du 13 au 15 septembre), initiée avec l'appui du conseil provincial de Midelt et le conseil de la région de Meknès-Tafilalet.

Cette manifestation vise à contribuer à la préservation du patrimoine culturel et symbolique de la région et offrir ainsi l'opportunité de découvrir les traditions des tribus locales, promouvoir le tourisme de montagnes, favoriser une dynamique économique et contribuer au développement durable dans cette région du Maroc profond.

Jeudi soir, les festivaliers et les habitants de la région ont eu rendez-vous avec la soirée inaugurale de cette 9ème édition, dont le programme prévoit trois soirées musicales, à travers lesquelles les organisateurs entendent mettre en exergue le patrimoine musical national des régions des hautes montagnes, avec la participation de troupes folkloriques locales et de groupes et artistes de renommée nationale comme Ahmedalah Rouicha, fils de l'icône de la chanson populaire marocaine et amazighe, feu Mohamed Rouicha ou encoure le chanteur amazighe populaire Abdelaziz Ahouzar.

Outre ce programme artistique riche et diversifié, figurent au menu des conférences sur "le fonds de développement agricole", "la régionalisation élargie", "les systèmes d'ingénierie du patrimoine agricole mondial" et "l'habillement et les costumes chez les tribus amazighes", ainsi qu'une course sur route organisée à l'initiative de la délégation provinciale de la jeunesse et des sports.

Connu également chez les Aït Hdiddou et les autres tribus de la région sous l'appellation "Agdoud n'Oulmghani" (en berbère) ce qui veut dire "le rassemblement d'Oulmghani", en référence au saint Sidi Ahmed Oulmghani dont la tombe repose sur la place du Moussem, ou encore sous l'appellation "Souk 3ame" (le marché de l'année), le moussem des fiançailles attire les différentes tribus de la région qui s'y approvisionnent, se rencontrent et nouent des contacts.

En effet, le site du moussem a connu une animation particulière et une activité commerciale intense le long de cette journée de jeudi.

Perchée à une altitude dépassant les 2.200 mètres, Imilchil a su préserver au fil du temps son cachet culturel, son authenticité et ses spécificités grâce à l'attachement de ses habitants aux traditions ancestrales malgré les tentations de la vie moderne. En témoigne la célébration annuellement du moussem des fiançailles.

Derrière cette fête populaire, se cache une légende qui nous rappelle la tragédie shakespearienne de Roméo et Juliette. Selon cette légende romantique, un jeune homme de la tribu Ait Ibrahim aurait succombé au charme d'une jeune femme des Ait Azza.

Toutefois, les rivalités entre les deux factions auraient entravé l'aboutissement de cette union. Leur amour fut alors condamné à l'échec.

Devant l'obstination des parents et des membres des deux factions, le jeune couple pleurait séparément son affliction, de chaque côté, à tel point que les larmes auraient formé un lac, donnant naissance ainsi aux deux célèbres lacs jumeaux "Isli" (nom du jeune homme) et "Tislit" (nom de la jeune femme).

Une autre version de l'histoire raconte que le jeune couple est parti se marier en cachette mais ils pleurèrent tellement que leurs larmes formèrent les deux lacs précités.

La mort du couple a marqué à jamais le village. Depuis, les différentes factions familiales et tribales décidèrent de ne plus s'opposer à l'union entre un homme et une femme.

 

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