Mawazine: le rap de Damso et Niska secoue la scène Souissi

Menara.ma / Said Raissi
26.06.2018
15h02
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Mawazine: Damso et Niska, poètes du vulgaire
Mawazine: Damso et Niska, poètes du vulgaire
Damso et Niska, deux nouvelles bêtes du flow francophone, ont livré, hier soir, au public de Mawazine un concert de rap qui puise son énergie en Afrique, sa rage dans la poésie urbaine.

Son vrai nom c’est Stani, mais quand il est sur scène Niska n’est pas dans la vraie vie. Sa métamorphose donne un son détonnant où l’artiste se lâche sur des rimes énervées. « Ne te fie pas à mon gabbari, je viens du 91, je sais me bagarrer », lâche l’artiste français d’origine congolaise sur le morceau « Réseaux » qui compte 220 millions de vues sur YouTube. 

Un tube inspiré de son expérience sur le net comme il l’a expliqué lors d’une conférence de presse tenues quelques heures plus tôt à la Villa des arts de Rabat, mais un titre qui tire surtout son énergie festive de la musique africaine, de son pays d’origine le Congo, mais aussi la musique nigériane, comme il l’a expliqué, non sans avouer un « secret », celui d’écouter du Carla Bruni qui « colle pas trop avec l’image (qu’il) revendique ».

C’est probablement cette ambiguïté assumée qui plait aux fans rbati, comme ses clips plaisent aux plus jeunes. Filles sexy sur yacht, champagne, cigares… « J'vous emmerde, j'suis au bord de la mer, j'allume mon Cohiba. J'reviens des Pays-Bas, j'augmente le PIB », peste Niska dans le morceau « Salé ».

Des paroles souvent dénoncées en France (comme le sont celles d’artistes de la nouvelle vague marocaine comme 7liwa), jugées violents, méprisants ou sexistes, mais qui pour d’autres observateurs, sont les produits d’une culture populaire aux facettes multiples, qui finalement n’est qu’un miroir d’une époque parfois violente dont le rap est le reflet.

C’est sur ce même flow provocateur que l’artiste belge Damso a pris la relève pour un concert inauguré par son tube « Kietu », aux rimes tout aussi remontées que celles de Niska, « Autant dire que j'mène ma vie comme je l'entends (…) Ils savent que quand j'écris, je n'fais pas semblant » a scandé Damso, comme pour répondre aux critiques qui jugent ces parles vulgaires.

La soirée d’hier était l’occasion de tendre l’oreille au rap révolté de Niska et Damso qui, comme l’exprime ce dernier dans le titre « Ipséité », fait partie « de ceux qu'on insulte, barrières qu'on (leur) inflige ».

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