Mawazine/Sidiki Diabaté: "une âme avant tout"

Menara.ma / Said Raissi
27.06.2018
21h57
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Public du Festival Mawazine | Archives
Public du Festival Mawazine
Programmé sur la scène africaine du Bouregreg, Sidiki Diabaté, prince de la kora et star de l’afro-pop, revient sur les origines d’un style qui fait fureur en Afrique. Interview :

D’où vous viens cette joie de vivre qui vous caractérise ?  

Essentiellement de là d’où je viens, du Mali, notamment d’un quartier populaire qui s’appelle Ntomikorobougou (Bamako).  Il y a là-bas beaucoup de joie de vivre. Lorsqu’on se réunit, il n’y ni riche, ni pauvre. On y vit en communion. En Afrique, les quartiers sont des grandes familles, tout le monde se connait.

Quel rôle joue la musique dans ces quartiers ?

La musique est vraiment, vraiment, vraiment présente dans notre quotidien, que ce soit dans les batêmes, dans les mariages ou des cérémonies prestigieuses. Je suis issu d’une grande famille de griot. Tout ce qu’on a comme fête, c’est nous les griots qui le faisons. Mon père est la 71è génération, je suis la 72è. L’instrument qu’on joue qui s’appelle la kora, un instrument de 21 cordes, carte d’identité de la culture malienne et africaine, qui était joué dans la cour royale, devant nos guerriers, des grands walis, des marabouts.

Ta musique puise dans cet héritage mais tu te l’est aussi approprié dans un style qui t’est propre …

Beaucoup de choses ont évoluées. Notre jeunesse est aujourd’hui plus présente dans les clubs. On est davantage attiré par la technologie. Pour moi, la musique doit évoluer. Imagine par exemple ce que donne le guembri, lorsqu’on l’associe avec un synthé. Ca donne quelque chose de vraiment intéressant. Les Américains ont compris cela et ils ont su faire évoluer leur musique tout mettant en valeur leur patrimoine. Il s’agit pour nous aussi de mettre en valeur notre patrimoine en l’adaptant à son époque.

Tu as un lien très particulier avec ton instrument fétiche la kora

Si tu remarques kora et coran sont deux mots très proches. La kora est instrument spirituel, un instrument très doux, très émotif. (Silence) C’est inexplicable. Qu’on on la joue, on est dedans. Je ne sais pas comment l’expliquer.

Qu’est ce qui t’as poussé à faire voyager ta kora ?

J’ai beaucoup écoute beaucoup de jazz, du blues, je regarde la télé, MTV. Je me suis dit pourquoi pas un jour prendre cette kora, la jouer sur les grandes scènes comme Bercy et ça a marché.

Comment explique-tu l’influence de l’Afrique sur la musique urbaine au Maroc ou encore en France ?

Les gens ont aujourd’hui besoin d’avoir quelque chose de pur, de simple, de bien. Il y a de cela africaine. Donnez un petit tambour ou un guembri et on peut faire danser un public de 5000 personne. C’est clair. Pour eux c’est difficile si il n’y a pas d’ordinateur. Je pense que c’est bien d’avoir tout ça, mais il faut une âme avant tout et une rhythmique bien clair qui montre de la joie. La musique africaine, c’est d’abord la joie.

Né en 1992, Sidiki Diabaté représente la génération montante des jeunes artistes africains multi-instrumentalistes, qui brillent sur la scène internationale, comme en témoignent ses récentes collaborations avec Booba, entre autres. L’artiste aux multiples talents est également producteur et a lancé plusieurs artistes africains, dont Tal B Halala, 0x-B et Iba One avec qui il collabore étroitement sur plusieurs projets musicaux.

 

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