Journée de la femme: hommage à des talents qui manquent à l'appel

MAP / Khadija Benhaddouch
07.03.2016
16h49
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Si l'heure est à la fête pour célébrer l'ingéniosité dont les femmes ne cessent de faire montre, une pensée douce-amère qui va à la mémoire de ces artistes qui nous ont tristement quittés s'impose.

Des talentueuses hors pair, qui ont tiré leur révérence depuis mars dernier après avoir marqué de leur empreintes le champ culturel et artistique marocain manquent à l’appel cette année pour fêter la journée mondiale de la femme.

En janvier dernier, l’artiste-photographe Leila Alaoui nous a brusquement quittés au grand dam de ceux qui la connaissent au Maroc comme à l'étranger et qui apprécient à sa juste valeur son travail et sa compétence.

Cette jeune artiste dynamique, engagée et pleine de vie a été victime d’une balle tirée à Ouagadougou par des extrémistes qui ont tourné le dos à la vie et ont opté pour la violence et la terreur.

Peine perdue, puisque depuis sa mort en janvier dernier, ses œuvres conçues pour immortaliser des moments de la vie sillonnent le globe accrochées ou étalées dans des galeries d'art en hommage posthume à cette artiste.

Leila Alaoui fait partie de ces artistes qui se sont engagés pour raconter des histoires et donner la parole à des moments de la vie que nous rencontrons quotidiennement sans parfois leur prêter la moindre attention.

Leïla Alaoui s’était distinguée pour sa série "Les Marocains", inspirée par The Americans de Robert Frank et In the American West de Richard Avedon.

"Les Marocains est une série de portraits photographiques grandeur nature réalisés dans un studio mobile que j’ai transporté autour du Maroc". "Ce projet, toujours en cours, constitue une archive visuelle des traditions et des univers esthétiques marocains qui tendent à disparaître sous les effets de la mondialisation", expliquait-elle sur son site web.

Née en 1982 à Paris d’une mère Française et d’un père Marocain, Leïla Alaoui a fait ses études secondaires à Marrakech avant de suivre des études en sociologie et photographie documentaire à l’université de New York.

Citoyenne du monde, comme elle aimait se présenter, Leila vit entre Marrakech et Beyrouth. Son travail explore l’identité, les diversités culturelles et la migration.

Ses œuvres ont été exposées à New York, Dubaï ou encore à l’Institut du Monde arabe (IMA) à Paris. C'est pour réaliser un projet dans le cadre d’un reportage pour le compte d’Amnesty International que la photographe avait fait le déplacement dans la capitale du Burkina Faso. Le projet s'intitule "Mon corps : mes droits", une campagne d’information sur le mariage précoce au Burkina Faso et au Mali.

Le 30 novembre dernier, le monde culturel a été endeuillé encore une fois après la disparition de la sociologue, écrivaine et chercheure Fatima Mernissi qui a tiré sa révérence à l'âge de 75 ans, laissant dernier elle un legs inestimable.

Militante féministe chevronnée, cette native de la ville de Fès en 1940 est connue par ses travaux dans les quatre coins du monde. Intellectuelle et auteur prolifique, elle a abordé avec courage les questions épineuses de la société telles le féminisme, l'islam et la modernité.

Les Marocains ont également dû rendre un dernier hommage à une grande figure du monde du cinéma et du théâtre, en l’occurrence l’actrice Fatima Benmeziane, décédée en mai à l’âge de 71 ans des suites d’une longue maladie.

Benmeziane s’est tôt orientée vers la radio aux côtés du célèbre artiste El Joundi. L’actrice a démontré son talent durant plusieurs décennies à la radio et à la télévision marocaine, notamment dans les feuilletons comme "Alantariah ","Madinat Al Kounouz", "Nahar Khamiss", "Fugitive", "Khaled Ibn al-Walid" ou encore "Ibn Sina".

 

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