Maîtres gnaouas, dompteurs de stars

Menara.ma / Said Raissi
30.06.2017
16h08
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Le percussionniste brésilien Carlinhos Brown au Festival Gnaoua et musiques du Monde à Essaouira, le 29 juin 2017 | Ph: Mohsine Idrissi
Le percussionniste brésilien Carlinhos Brown au Festival Gnaoua et musiques du Monde à Essaouira, le 29 juin 2017
Maîtres incontestés du festival d'Essaouira, les maîtres gnaouas subjuguent, depuis plus de vingt ans, des artistes venus des quatre coins du monde découvrir la magie obscure la transe gnaouie.

« Un formateur de talents », c’est ainsi que Karim Ziyad, directeur artistique du festival d’Essaouira, a présenté le percussionniste brésilien, Carlinhos Brown, coach de l’émission The Voice Brazil mais surtout grand chanteur, producteur, arrangeur et compositeur.

Mais, jeudi soir, c’est l’âme d’un enfant passionné que l’on a pu entrevoir s’initier sur scène à l’énergie singulière de la fusion tagnaouite, un mélange musical marque de fabrique de l’évènement depuis maintenant deux décennies.

Après la traditionnelle parade dans les ruelles d’Essaouira, lors de laquelle des troupes gnaouas se sont mêlées à la foule, les festivaliers ont afflué vers la place Moulay Hassan où Carlinhos Brown a rejoint Maalam Said et Mohammed Koyo pour offrir au public le fruit d'une résidence comme seule Essaouira sait en produire.

Dompteur de scène, Brown a choisi de cette de mettre tout son talent au service des seules vraies grandes stars du festival, les gnaouas, lui qui a fait redécouvrir aux Brésiliens les sonorités « Timbaus », connu et reconnu dans son pays, apprécié des plus grands musiciens.

Pourtant peu de personnes parmi le public pouvait mettre un nom derrière les rythmes endiablés des percussions, encore moins une origine. « Portugais », « Africain » ou « Marocain », qu’importe si l’on se trompe quant il s’agit d’accoler une nationalité à cet artiste et sa formation qui ont accompagnés les gnaouas.

 Comme le rappelle si bien Neila Tazi, fondatrice du festival lorsqu’elle parle des invités du festival. « Très talentueux mais pas nécessairement connus. Ce n’est pas un festival d’affiche ».

L’important est qu’ils se fondent et se confondent avec cette étrange échappée sonore dont les Maalems tracent les contours.

Maitres incontestés des lieux, ils sont une invitation au dépouillement et à un retour frénétique vers l’essentiel, une note éternelle nichée entre le guembri, les qraqebs, la voix des koyos et les alizés.

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