Titi et du groove gnaoui avec Peterson en clôture du Festival Gnaoua

Menara.ma / Said Raissi
02.07.2017
23h22
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Menara | Mohcine Idrissi
Menara
Le Festival gnaoua et musique du monde a tourné, samedi à Essaouira, la dernière page de son vingtième chapitre sur les notes d’une légende vivante du blues, Lucky Peterson.

La foule était une nouvelle fois compacte sur la scène de la place Moulay Hassan, réceptive à cette fusion si particulière, estampillée Essaouira.

Cette fois c’était au tour de l’artiste américain Lucky Peterson, véritable légende du blues, de monter sur scène pour gouter à la fièvre gnaoua, lors d’un concert mémorable mêlant la sensibilité du bluesman aux groove du guembri de Mustapha Baqbou.

Un moment mémorable tout comme une autre fusion inédite, fruit d’une résidence autour du musicien français Titi Robin.

Accompagné des artistes Mehdi Nassouli (Maroc), Shuheb Hasan (Inde), Murad Ali Khan (Pakistan) et Ze Luis Nascimento (Brésil), Titi, habitué du festival, a tenté de restituer l’expérience sonore de ses multiples contacts avec les gnaouas, à travers un savant mélange de soufisme indo-pakistanais et de tagnaouite.

Une création originale pour fêter comme il se doit les vingt ans de ce festival incomparable, précurseur et infatigable. Cette vingtième aura été comme les précédentes, concentrée sur l’essentiel, l’art gnaoua, qui aura une nouvelle fois fait des milliers d’adeptes.

Ceux qui ont accompagné le festival depuis ses premiers balbutiements savent l’importance de ce projet singulier qui a su redonner vie à une culture que l’on croyait vouée à meubler les vitrines du folklore marocain.



« Il y a vingt ans, la création de ce festival était un pari audacieux, presque insolent dans un conteste bien différent de celui d’aujourd’hui. Celui d’un Maroc encore enveloppé dans l’engourdissement du passé, avec des traditions festivalières d’un autre temps », explique Neila Tazi, fondatrice du festival.

Aujourd’hui ce festival en a inspiré bien d’autres, mais surtout il a permis à toute une génération de découvrir un espace d’expression artistique inespéré. Le festival a servi de tremplin à des nombreux jeunes artistes, notamment parmi les musiciens de la scène alternative.

« Ce qui me satisfait le plus, c’est que c’est toute une nouvelle génération qui elle aussi s’intéresse à la fusion », se réjouit Amazigh Kateb, leader du groupe Gnawa Diffusion, groupe référence de la fusion inspirée de l’art gnaoua, qui aura marqué cette édition lors d'un concert teinté de nostalgie donné vendredi.

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