Damas brandit la menace chimique

Menara.ma / Avec AFP
23.07.2012
17h54
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De la fumée s'élève du village syrien de Jebata al-Khashab, pilonné par l'armée syrienne et vu depuis le Golan, le 19 juillet 2012 | afp
De la fumée s'élève du village syrien de Jebata al-Khashab, pilonné par l'armée syrienne et vu depuis le Golan, le 19 juillet 2012
C'est une première. Le régime de Bachar al-Assad reconnaît qu'il possède des armes chimiques et menace de les utiliser. La communauté s'inquiète.

Reconnaissant pour la première fois posséder un arsenal chimique, le porte-parole des Affaires étrangères syriennes Jihad Makdessi a prévenu que ces armes non conventionnelles "stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées (...) ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère".

Mais M. Makdessi a assuré, lors d'une conférence de presse à Damas, qu'elles ne "seront jamais, jamais, utilisées contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise".

Par la suite, les Affaires étrangères ont publié une mise au point dans laquelle elles nuançaient les propos du porte-parole, soutenant que "ces armes, si elles existent, il est naturel qu'elles soient stockées et sécurisées".

Les condamnations internationales ne se sont pas fait attendre, Washington prévenant Damas de ne "pas penser une seule seconde à faire usage d'armes chimiques". Berlin a qualifié cette menace de "monstrueuse" et Londres l'a jugée "inacceptable".

Pour le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, un recours aux armes chimiques par la Syrie serait "répréhensible". Israël a, quant à lui, prévenu qu'il ne pouvait pas "accepter" que des armes chimiques tombent aux mains du Hezbollah libanais, un allié du régime syrien.

Nouvel échec diplomatique

Les autorités syriennes ont rejeté sans surprise une proposition arabe d'un départ négocié du président Bachar al-Assad pour éviter la poursuite de la répression et des combats qui ont coûté la vie à plus de 19.000 personnes en 16 mois de révolte selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Face à l'escalade des violences qui ont encore fait lundi 52 morts à travers le pays, le président russe Vladimir Poutine, un allié de Damas, a mis en garde contre une guerre civile de longue durée en Syrie dans l'hypothèse où M. Assad était destitué du pouvoir de manière "inconstitutionnelle".

Les Européens, quant à eux, ont renforcé leurs sanctions contre leur régime notamment celles liées à l'embargo sur les armes, la communauté internationale restant divisée entre Occidentaux d'un côté et Russes de l'autre sur la façon de régler le conflit en Syrie.

Après une semaine de violents combats à Damas, des opposants de l'intérieur et les autorités, déterminées à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, ont affirmé que l'armée avait repris le contrôle de la plus grande partie de Damas.

Le régime reprend le dessus à Damas

"Malheureusement, l'armée du régime a repris le contrôle de la quasi-totalité de la capitale, il y a encore des accrochages à Qadam (sud) et Daraya (banlieue sud de Damas)", a affirmé à l'AFP l'un des opposants.

Les opérations de l'armée se résument désormais à des perquisitions "à la recherche de terroristes cachés", d'après une source de sécurité.

La bataille pour la libération de Damas se poursuit

Pour le porte-parole des Affaires étrangères, les combats qui ont secoué la capitale sont un fait "passager" et les choses reviendront "à la normale" en moins de deux jours.

"La bataille pour la libération de Damas se poursuit" et une seconde phase "se traduira par des attaques qui vont frapper le régime", a indiqué en revanche un autre opposant se présentant sous le nom d'Ahmed al-Midani.

Les exactions se sont multipliées dans la capitale avec au moins 23 personnes, en majorité âgés de moins de 30 ans, "exécutées sommairement" par balles dimanche par les forces régulières, certains portant des marques de torture, selon l'OSDH.

L'OSDH décrit des victimes à la tête écrasée par des véhicules, les corps parfois transpercés par des baïonnettes ou les mains ligotées.

Amnesty international a appelé les protagonistes à épargner les civils et "tous ceux qui ne participent pas directement aux combats et à minimiser les souffrances".

A Alep, deuxième ville du pays dans le nord, les combats intenses se poursuivaient, les rebelles prenant le contrôle du quartier de Salaheddine. "Il y a un grand mouvement d'exode", selon l'OSDH.

Après le lancement de la "bataille de libération de Damas" il y a une semaine et celle d'Alep dimanche, le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition, a demandé aux rebelles de redoubler d'efforts.

Le régime "vacille" mais "ne se rendra pas facilement", a estimé le porte-parole du CNS, George Sabra. "Ce qui se passe à Damas et Alep et d'autres villes syriennes depuis plusieurs jours constitue une étape cruciale pour établir une nouvelle phase de l'histoire de notre pays, et de la région aussi".



 

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