Prière punk anti-Poutine: la justice promet un procès public

Les trois jeunes femmes sont détenues depuis mars pour avoir chanté une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou. "La prochaine audience aura lieu le 30 juillet", et la suite du procès sera ouverte au public et retransmise en direct sur le site du tribunal, a déclaré aux journalistes la porte-parole du tribunal, Marina Liakh, à l'issue d'une audience sous haute protection policière.
Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, sont accusées d'avoir "insulté" et "infligé des blessures morales profondes à des chrétiens orthodoxes" et encourent sept ans de prison pour "hooliganisme".
Le tribunal, qui a ordonné vendredi le maintien en détention des trois prévenues jusqu'en janvier 2013, a par ailleurs rejeté sans surprise la requête des avocats de la défense de faire citer comme témoin le président russe Vladimir Poutine et le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Kirill, a ajouté la porte-parole.
Les avocats, qui qualifient le procès de "théâtre de l'absurde", n'étaient guère optimistes sur les chances de voir leurs requêtes aboutir.

"Je ne m'attends à rien de bien", avait ainsi écrit lundi matin sur Twitter l'un des avocats, Mark Feïguin, peu avant le début de l'audience.
Deux sympathisants des Pussy Riot ont été interpellés lundi aux abords du tribunal Khamonvitcheski de Moscou, où des dizaines de policiers étaient déployés et la rue était bloquée par des barrières métalliques, selon un journaliste de l'AFP.
Au total, une douzaine de sympathisants se sont réunis aux abords du tribunal pour témoigner de leur soutien aux prévenues.
Parallèlement, quelques militants orthodoxes sont venus exiger une punition sévère pour les membres des Pussy Riot, en brandissant des pancartes avec le slogan "Pour la morale".
Les trois jeunes femmes sont poursuivies pour avoir improvisé le 21 février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une "prière punk" intitulée "Marie mère de Dieu - chasse Poutine!" à l'intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Cette prière anti-Poutine a suscité de nombreuses réactions de désapprobation, dans un pays qui a connu depuis la chute du régime soviétique en 1991 un renouveau religieux.
Mais de nombreuses personnalités russes, y compris des personnalités revendiquant leur appartenance à la communauté orthodoxe, ont pris la défense des trois prévenues, jugeant disproportionnés les poursuites et leur maintien en détention.
Elles ont aussi reçu le soutien ce week-end du groupe de rock américain Red Hot Chili Peppers, dont le leader Anthony Kiedis, est monté sur scène lors de concerts à Saint-Pétersbourg puis à Moscou vêtu d'un tee-shirt barré de l'inscription "Pussy Riot".
Le bassiste de ce groupe, Michael Balzary, a écrit aux trois jeunes femmes en disant qu'il "saluait leur courage et priait pour leur libération", selon le quotidien en ligne gazeta.ru.
Début juillet, d'autres membres du groupe Pussy Riot étaient montés sur scène lors du concert à Moscou d'un autre groupe de rock américain, Faith No More, pour interpréter une chanson appelant à "une révolte en Russie".
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