Le public du festival méditerranéen d'Al Hociema, la perle bleue de la Méditerranée, a été entraîné, mercredi soir, dans un voyage dans la musique et les chants galiciens grâce à la belle prestation des cinq charmantes chanteuses du groupe galicien "Ialma".
Les milliers de mélomanes qui ont investit la magnifique place Mohammed VI lors de cette troisième soirée du festival d'Al Hoceima organisée sous le signe "Communion des peuples: dialogue des cultures" a été enchanté, le temps d'un concert, par la voix majestueuse des cinq jeunes femmes belgo-galiciennes et par leur danse et gestes rythmés puisés dans la pure tradition galicienne.
Donnant le ton de la soirée, dès leur apparition sur scène, en interprétant un morceau de la chanson du célèbre chanteur arabe Nazem Al Ghazali "Talaa Min Bit Abouha", Nuria Aldao, Veronica Codesal, Natalia Codesal, Magali Menendez et Marisol Palomo ont réussi à charmer la foule nombreuse par les sons de la pandereta (petit tambour) et la gaita (cornemuse), deux instruments musicaux représentant de la tradition galicienne, mais aussi par les paroles de leurs chansons authentiques.
La surprise de la soirée était la montée du chanteur rifain Khalid Izri pour accompagner les cinq chanteuses en amazighe au grand bonheur de l'assistance.
Après avoir collecté et étudié les chansons populaires de leurs ancêtres dans la région de la Galice au nord-ouest de l'Espagne, les chanteuses de IALMA les transmettent aujourd'hui au public dans un style personnel oscillant entre l'authentique et le moderne, contribuant ainsi au maintien et renouvellement du genre.
Influencées par la culture wallonne, flamande et aussi d'autres pays européens, leur message se veut contemporain, universel et d'ouverture vers le monde. Né depuis 10 ans, IALMA, qui est synonyme de "âme" en galicien, crée une musique actuelle ayant des racines dans les musiques traditionnelles de la Galice mais aussi d'autres régions du monde.
D'origine folk, le groupe composé de cinq chanteuses et nombre de musiciens s'oriente vers une tendance "worldmusic". Les textes et mélodies traditionnelles galiciennes se marient à merveille avec des styles de musique venus de tous horizons.
Avec l'appui de musiciens exceptionnels tels que Didier Laloy, Luc Pilartz, Osvaldo Hernandez, Cédric Waterschoot et Pascal Chardome, le groupe propose un nouveau projet interculturel où les cultures galicienne, arabe, africaine, tzigane, tango, hiphop et autres se côtoient.
Les instruments traditionnels galiciens, la "pandereta" et la "gaita", bien que moins présents dans les nouveaux albums, se mélangent avec accordéon, guitare, contrebasse, violon, cornemuse française, diverses flûtes, piano, bugle et percussions.
Après un premier album "Palabras darei" sorti en janvier 2000, de nombreux concerts à travers la Belgique, dans plusieurs pays européens et même jusqu'à Taiwan où le groupe a participé au Festival de World Music en octobre 2001, IALMA a produit d'autres et prévoit la sortie d'un nouveau album l'année prochain.
Par ailleurs, deux groupes rifains se sont produits lors de la troisième soirée du festival d'Al Hoceima. Il s'agit des groupes Taifour et Benaaman.
Initié par l'Association Rif pour la Solidarité et le Développement (ARID), la 6-édition du festival méditerranéen, ouverte lundi, s'inscrit dans la continuité de précédentes éditions et nourrit l'ambition de "transformer pour la première fois son caractère local et national en une vocation internationale".
Consciente du rôle éminent joué par le festival dans le domaine de développement et d'animation à Al Hoceima, l'Association "ARID" a envisagé cette année d'élargir et diversifier les activités de cette manifestation et à transformer pour la première fois son caractère local et national en une vocation internationale.
Le programme, étendu au cinq communes relevant de la province d'Al Hoceima, prévoit une série de concerts animés par des stars internationales de différentes nationalités et cultures mais également l'organisation de plusieurs activités sportives et culturelles, ainsi que des expositions dédiées à la présentation des produits d'artisanat et des produits du terroir local.
Le festival d'Al-Hoceima n'est pas le fruit du hasard mais l'aboutissement d'une longue et mure réflexion qui a conduit à la création d'un événement à la fois culturel, artistique et sportif digne de la ville et de sa région, indique-t-on.
Le dialogue constitue "une passerelle solide qui sert à consacrer une culture de solidarité et d'alliance entre les peuples, les cultures et les civilisations", ont tenu à préciser les initiateurs, qui rappellent que "l'attachement du Festival d'Al Hoceima à l'esprit méditerranéen, résulte du fait que la Méditerranée n'est pas seulement un marché destiné aux échanges de marchandises, mais il constitue également un espace ouvert à la création, à la créativité, au dialogue et aux interactions".