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Economie

MAPF, 08/03/2010 14h54

Le marché de l'immobilier se consolide d'année en année malgré une hausse effrénée des prix

Qu'ils soient chics ou populaires, situés en plein centre ou dans la banlieue sud, les quartiers de la capitale libanaise ont ceci de commun qu'ils offrent aujourd'hui l'image d'un chantier en frénésie, où architectes et contremaitres s'activent presque en discontinuité et où les grues prennent d'assaut le ciel pour livrer dans les délais tel appartement ou tel local à usage commercial.



Des panneaux avec appartements témoins de plus de 300 mètres carrés et entre 5 et 7 pièces ornent l'entrée de chaque chantier comme pour inviter les acheteurs potentiels à franchir le premier pas. Facilités de crédits, procédures simplifiées, les promoteurs ne lésinent pas sur les moyens pour commercialiser leurs produits.



A Haret Hreik, un quartier au cœur de la banlieue sud de Beyrouth, que des avions israéliens avaient rasé il y a trois ans, un projet " Waad " est en train de prendre forme. Des 260 immeubles détruits par Israël, 75 sont déjà achevés et habités, alors qu'une centaine d'autres appartements doivent être livrés à la fin de 2010.



Une cinquantaine d'ingénieurs et contremaîtres, environ 630 ouvriers pour la plupart des syriens travaillent à la reconstruction de 20 immeubles.



Ce quartier est à l'image de bien d'autres de la capitale libanaise, mais aussi des autres villes du Liban où le mouvement de construction ne faiblit pas. La superficie de construction a porté sur quelque 643.700 mètres carrés en janvier 2010, et l'activité de construction a maintenu sa croissance positive au cours des deux dernières années. La performance du marché immobilier local a même surpassé celle des autres marchés de la région, dans un contexte morose de crise financière mondiale, à en croire les chiffres avancés par les ordres des ingénieurs de Beyrouth et du Liban-Nord.



Le secteur de l'immobilier devrait poursuivre sa croissance en 2010, en raison des conditions politiques et économiques favorables. Un pronostic que confirment les récentes statistiques de la direction de l'immobilier puisque le nombre des transactions a grimpé de 86% à 800 en janvier 2010. Malgré une contraction de la superficie de construction de 78% en décembre, pour des raisons saisonnières, l'appétit pour l'immobilier est toujours en croissance, reflétant la confiance marquée des investisseurs pour ce secteur.


En terme de nombre et de valeur, ces transactions immobilières ont enregistré une hausse en 2009, contrairement à la tendance observée dans la région MENA.En effet, la valeur totale des ventes immobilières au Liban s'est chiffrée à 1,24 milliards de dollars en décembre 2009 soit une augmentation de 40,8 pc en comparaison avec le même mois de 2008.



Lors de la même année de 2009, le nombre des transactions a atteint pour sa part un pic annuel sans précédent avec 12.702 transactions, en augmentation annuelle de 27%.



Cette ruée vers le marché immobilier local n'est toutefois pas le fait des seuls nationaux, puisque le nombre des transactions effectuées par des étrangers a cru de 17,6 pc en 2009. La hausse du prix de l'immobilier ne semble pas avoir entamé la compétitivité du marché immobilier local qui reste attractif et séduit des investisseurs non libanais surtout arabes.



Cette hausse des prix s'illustre clairement à travers les prix des appartements dans la capitale libanaise qui oscillent entre 3.500 et 1.800 dollars/mètre carré selon l'emplacement de la propriété. Quant aux propriétés haut de gamme situées aux alentours du centre ville, leur prix varie à l'heure actuelle entre 3.500 et 4.000 dollars/mètre carré.



Les prix des appartements beyrouthins ont été multipliés par 7 en l'espace de 5 ans, indique un récent rapport sur la tendance des investissements dans l'immobilier à travers le monde qui a placé Beyrouth à la 52ème place parmi 91 marchés de la planète et à la 3ème position dans la région MENA en termes de prix du marché d'un appartement de 120 mètres carrés de superficie.



Il faut 24 ans de loyer pour un libanais pour pouvoir acquérir un appartement de 120 mètres carrés situé dans le périmètre de la capitale libanaise, note ce rapport.



Cette flambée des prix de l'immobilier au centre de Beyrouth où les prix des appartements de 120 mètres carrés ont progressé de plus de 40% au second trimestre de 2009 s'explique, en grande partie, selon le même rapport par le fait que le marché local a profité du marasme qui a secoué plusieurs pays de la région et que les capitaux de nombreux investisseurs arabes et libanais expatriés ont afflué vers le secteur.



Autre facteur ayant favorisé cet intérêt grandissant pour le marché immobilier libanais, fut la prolifération des prêts immobiliers qui ont été de l'ordre de 1,77 milliards de dollars en 2008. Au Liban, le marché de l'emprunt a représenté d'ailleurs 6 pc du produit intérieur brut (PIB) en 2008.


MAPF
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