5G : Le challenge fatidique du Royaume

5G : Le challenge fatidique du Royaume

2G, 3G, 4G et maintenant 5G. Les générations se succèdent et apportent avec elles, un débit toujours plus important. Cette dernière génération amène, en plus d'une croissance du débit, de nombreuses promesses et révolutions. Un nouveau challenge se présente devant le Maroc. Eclairages ...

Selon Ahmed El Mahjoubi, expert en télécommunication, « la 5G souhaite se présente comme la génération de rupture, la génération qui ne s’intéresse plus uniquement au monde des opérateurs de téléphonie mobile et des communications grand public, mais qui ouvre de nouvelles perspectives et permet la cohabitation d’applications et usages extrêmement diversifiés, unifiés au sein d’une même technologie ». Ainsi, La 5G se pose en « facilitateur de la numérisation de la société et de l’économie » ajoute l’expert.

Cette dernière génération des standards pour la téléphonie mobile promet plus qu’une augmentation du débit, qui certes sera multiplié par 100. Plus performante, plus intelligente, la 5G sera à la base de l’émergence de nouvelles technologies : voitures autonomes, usine 4.0, robots. « La 5G est une technologie qui a été conçue pour accueillir la nouvelle vague de la révolution digitale, qui est essentiellement liée à la massification des objets connectés dans tous les domaines de la vie. Il faudra donc une connectivité performante, accessible, pas chère et économe en énergie. La 5G va aussi permettre l’avènement du temps réel avec des robots autonomes » précise Ahmed El Mahjoubi.

Les masses de données de plus en plus considérables pourront transiter en quelques secondes, rendant ainsi possible des taches impossibles autrefois.

Course des opérateurs

Le Royaume n’a toujours pas fini de compléter son réseau 4G que les opérateurs au Maroc se placent déjà sur la course à la 5G. En parallèle, l’Agence nationale de règlementation des télécommunications (ANRT) a remodelé le dispositif juridique, notamment la loi n° 121-12, modifiant et complétant la loi n° 24-96, qui a pour objectif de faciliter la transition vers la 5G pour les opérateurs et leurs clients et d’éviter les pratiques de concurrence déloyale. Sur le plan technique, le régulateur a lancé avec succès des tests expérimentaux en indoor ou en outdoor.

« L’arrivée de la 5G pourrait avoir un impact important non seulement dans la sphère technique, mais aussi dans le développement économique et social de notre pays le Maroc; la 5G vise de très nombreux secteurs et devrait participer, par la numérisation de la société, à la croissance économique du Maroc » insiste Ahmed El Mahjoubi, et poursuit, « la 5G vise des secteurs très variés, qui n’auraient pas nécessairement d’autre élément commun que cette technologie, mais qui sont des piliers importants d’une société : l’énergie, la santé, les médias, l’industrie ou le transport ».

Pour l’ingénieur, « le Maroc est l’un des marchés les plus dynamiques du secteur des télécoms aussi bien en Afrique que dans le Moyen Orient. Les trois opérateurs marocains, à savoir : Maroc Télécom, Inwi et Orange, sont d’ores et déjà prédisposés à déployer cette nouvelle technologie. Ils sont, désormais, dans la course et se préparent activement à choisir le dispositif technologique qui leur convient. Ces derniers n’attendent plus rien que l’appel à la concurrence que l’ANRT est en charge de lancer. L’introduction de la 5G dans le Royaume est une question de temps ».

Bataille des équipementiers

Comme à l’accoutumé, derrière la technologie, se dissimule toujours un aspect politique. La 5G ne se démarque pas dans ce sens. Et d’ores et déjà, l’indispensable choix de l’équipementier se révèle être une rude bataille entre différentes forces géopolitiques. Huawei, Ericsson, Nokia, Cisco, Samsung et ZTE sont les équipementiers et les fournisseurs des technologies et des solutions en réseaux et télécoms.

 » Dans le cadre du déploiement de la 5G en Europe, Plusieurs opérateurs européens tournent le dos à Huawei et choisissent les européens Nokia et Ericsson. Les opérateurs évoquent des raisons purement techniques, alors que l’équipementier est accusé d’espionnage pour le compte de Pékin » précise l’ingénieur pour qui Huawei semble se situer dans une situation de plus en plus délicate, « En juillet 2020, le Royaume-Uni a exclu l’équipementier chinois du réseau 5G arguant d’un risque de sécurité. Alors qu’elle n’a pas pris d’interdiction officielle, la France pourrait tout de même bannir Huawei de ses réseaux 5G. Choisir un équipementier pour la mise en place des premières infrastructures 5G au Maroc va bien au-delà de l’aspect technique. Il met également en évidence des enjeux stratégiques et géopolitiques » conclut l’expert.

Selon certains médias, Huawei -malgré ses difficultés actuelles- ainsi que le suédois Ericsson semblent être les favoris dans cette course des équipementiers. Néanmoins, la conjoncture actuelle conditionnée par la pandémie du COVID-19, pourrait être à l’origine de nombreux rebondissements.