Allier capital humain et digital, un gage de réussite

Allier capital humain et digital, un gage de réussite

Crédit photo: Pixabay

A l'ère du tout numérique, le rôle du digital en tant que levier de la transformation économique et du développement est plus que jamais avéré dans une conjoncture dictée par une pandémie déstabilisante à l’échelle planétaire, ce qui questionne avec insistance la place de l’Humain en tant qu’auteur et acteur de changement.

Dans une période où le monde est de plus en plus connecté et face à l’apparition de paradigmes nouveaux avec lesquels entreprises et employés doivent s’accommoder, le digital qui a créé des vagues de changement de plus en plus rapides se révèle être un outil indispensable au fonctionnement économique.

Véritable levier de développement, l’économie numérique fait cependant face à différents enjeux et questionne la place de l’Humain, les deux étant étroitement liés et représentent les sésames de la transformation socio-économique.

Ce sujet à l’ère du temps qui revêt une importance cruciale, a été au cœur de la 37ème édition du carrefour du Manager organisée dernièrement par le groupe ISCAE, autour du thème « Le Capital Humain à l’Ère de l’Économie Numérique ».

Lors de cette édition du Carrefour du Manager, un forum d’emploi et de recrutement et un espace de débat ouvert sur ces enjeux, mais aussi sur les différentes bonnes pratiques dans le domaine des ressources humaines, trois ministres ont parlé d’une même voix pour souligner la place centrale de l’humain qui doit être propulsé et ancré au cœur de la transformation numérique.

L’économie numérique et les changements qu’elle induit sont inéluctables, d’où la nécessité de prendre en charge le capital humain et l’accompagner dans cette transformation des habitudes et des process, a affirmé à cet égard le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, dans son intervention lors de cette édition du Carrefour du manager, un cadre propice aux rencontres, aux échanges et à l’insertion professionnelle des étudiants et lauréats des écoles de commerce.

« Il est vrai que, de tout temps, quand il y a eu une évolution technologique, on a eu peur pour les emplois. L’économie numérique détruit des emplois certes, mais elle en crée d’autres », a dit le ministre, soulignant qu’en fait « une évolution technologique, même si elle semble de prime abord détruire des emplois qui existaient, en crée 10 fois plus, un constat prouvé historiquement qu’il faut assimiler ».

Il a de même souligné que le Maroc a une industrie récente, plus moderne que d’autres pays dont l’industrie est plus âgée, notant que la plupart de nos industries sont nées dans le 4.0, dans l’ère de la robotisation et de l’industrie connectée. Une réalité industrielle beaucoup plus moderne que ce que l’on imaginait. Ceci dit, le secteur industriel traditionnel doit être accompagné et on s’y attèle, a affirmé le ministre.

Par ailleurs, « la population jeune ne nous a pas attendu pour s’approprier le numérique et l’utiliser sous toutes ses facettes », a-t-il observé, mais les jeunes se sont très vite adaptés. Le e-commerce est certes naturel, mais il constitue aussi une opportunité, a relevé le ministre lors de ce forum qui a coïncidé avec le 50e anniversaire de l’ISCAE.

La situation exceptionnelle que vit le monde a transformé de manière durable et significative le fonctionnement des entreprises. Les innovations, l’intelligence artificielle déferlent et provoquent des mutations de fond, outre les paradigmes nouveaux avec lesquels entreprises et employés doivent s’accommoder.

Néanmoins, l’impact du digital sur l’économie est tributaire des talents et ressources humaines dans le domaine, le capital Humain étant un accélérateur de la transformation numérique, d’autant plus que dans ce contexte pandémique, l’économie numérique a renforcé et confirmé son importance dans un écosystème en perpétuelle évolution.

Dans la même veine, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, a souligné que la transition numérique apporte globalement des changements dont le plus important est une transformation de la nature des postes (changement de process) à laquelle il faut répondre par l’upskilling (renforcement des compétences existantes) et le reskilling (renouvellement des compétences).

Il a de même mis l’accent sur l’importance pour une ressource humaine de trouver une zone d’intersection entre ce qu’elle aime faire, ce dont pour lequel elle est douée, ce qu’elle arrive à monétiser et ce qui a du sens pour elle.

La question du capital humain et de l’emploi se pose avec acuité, a insisté le ministre dans une déclaration à la MAP, notant que l’entreprenariat devient aujourd’hui non pas un choix par défaut mais un choix porteur d’espoir dans l’avenir.

Un avis partagé par Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, qui a souligné que la digitalisation et le numérique sont porteurs de transformations sur le plan sociétal et économique d’où la nécessité de changer les paradigmes, tout en relevant que le digital n’est pas seulement un outil d’organisation et de travail mais aussi un outil de production et d’innovation.

Il a dans ce sens rappelé les préconisations du Nouveau Modèle de Développement qui a fait du numérique un levier de transformation transverse et l’a érigé en pari d’avenir pour faire du Maroc une nation numérique, où le potentiel transformationnel des technologies numériques est pleinement mobilisé, avec comme objectif cible de porter la part du numérique dans le PIB à 5% à l’horizon 2035 contre un peu moins de 1% actuellement.

Dans un contexte national et international en profonde mutation sur les sujets de la transformation technologique et digitale, le rapport de la Commission Spéciale sur le Nouveau Modèle de Développement trace une nouvelle trajectoire pour faire du Maroc une nation numérique et leader régional en la matière.

Dans une perspective orientée vers l’avenir, le Maroc s’est fixé, pour le NMD, une série d’objectifs dans le domaine du numérique, toute en préconisant le développement et la valorisation de sa ressource précieuse qui est le capital humain.

 

MAP / Nadia El Rhzaoui