Après l’automobile et l’espace, place à la robotique pour Elon Musk

Après l’automobile et l’espace, place à la robotique pour Elon Musk

Elon Musk, PDG de Tesla / Crédit photo: AP

Puisant dans son expérience avec les machines automatisées et les logiciels d'assistance au conducteur Autopilot, Tesla vient de dévoiler son projet de développement d’un robot humanoïde, dont le prototype verrait le jour l’année prochaine.

Pour le magnat de la tech et PDG de Tesla, Elon Musk, l’idée est de construire une machine dotée d’intelligence artificielle (IA), suffisamment habile pour remplacer l’humain quand il est question de tâches jugées « répétitives, ennuyeuses ou dangereuses ».

Ce projet s’inscrit dans le cadre des ambitions plus larges de l’entreprise en matière d’automatisation, qui comprennent la construction de sa propre puce informatique, appelée D1, pour alimenter les réseaux des véhicules qu’elle espère un jour rendre autonomes.

« Tesla est certainement l’entreprise de robotique la plus importante au monde, parce que les voitures sont des robots semi-conscients sur roues, avec un ordinateur de bord dédié à la conduite autonome », a déclaré Musk dans son usine de Fremont, en Californie, à l’occasion du Tesla AI Day, journée consacrée à l’IA chez le géant de l’automobile américain. Baptisé Tesla Bot, le robot mesurerait à peu près 1m75, pèserait environ 57 kilos et serait capable de transporter une charge de plus de 20 kilos ainsi que de se déplacer à plus de 8 km/h, a-t-il précisé.

Auparavant, Musk s’était montré méfiant du potentiel de l’IA à déjouer les humains, la considérant même comme la plus grande menace pour la civilisation. Aujourd’hui, il assure que le Tesla Bot serait « amical » et que la société conçoit la machine à un « niveau mécanique » afin de pouvoir la dompter. Destiné à naviguer dans un monde construit pour les humains, le robot, dont une version mannequin non-fonctionnelle a été présentée sur scène, serait également équipé d’un écran et du système de pilote automatique de Tesla, composé de huit caméras, a-t-il confié.

Par ailleurs, les systèmes d’aide à la conduite de Tesla ont récemment fait l’objet d’un examen minutieux de la part d’enquêteurs fédéraux portant sur la sécurité mise en jeu par leur déploiement sur les routes publiques, jugé « rapide » par certains concurrents et experts de l’industrie.

En effet, l’Agence américaine de la sécurité routière (NHTSA) a ouvert une enquête la semaine dernière sur l’auto-pilote de Tesla, suite à une douzaine de collusions avec des véhicules d’urgence stationnés. Musk s’est néanmoins dit confiant quant au fait que ses voitures seront, un jour, capables de s’autoconduire.

« Nous avons presque toutes les pièces nécessaires pour les robots humanoïdes, étant donné que nous fabriquons déjà des robots avec des roues », a écrit Musk sur Twitter peu de temps après la présentation, faisant référence aux voitures de Tesla.

Le parcours de Tesla est pavé d’idées fantaisistes et de délais exagérés, comme ça a été le cas pour son pick-up électrique Cybertruck dévoilé en novembre 2019, mais qui ne serait pas livré avant 2022 au plus tôt, ou encore sa batterie nouvelle génération Model S Plaid-Plus, dévoilée l’année dernière et annulée cette année, avant même de voir le jour. Tandis que plusieurs sont prêts à parier qu’un Tesla Bot en état de marche ne verra pas le jour, nul ne peut nier que l’entreprise est là où elle en est aujourd’hui grâce à la volonté de Musk d’innover et de se surpasser.