Boycott des Législatives : Les Algériens marquent l'attachement au départ du système

Boycott des Législatives : Les Algériens marquent l'attachement au départ du système

Dans un bureau de vote à Alger, le 12 juin 2021 / Crédit photo: EPA

Le Parti des Travailleurs (PT), l'une des principales formations de l’opposition en Algérie, a souligné qu'en boycottant les législatives du 12 juin, la majorité des Algériens a réitéré son "refus absolu" de la situation qui prévaut dans le pays marquant aussi "son attachement au départ du système" dans l’espoir d’exercer sa souveraineté.

Ces résultats « vont accentuer la crise politique » en produisant des institutions de plus en plus « précaires », a dénoncé Louisa Hanoune, secrétaire général du parti qui s’exprimait lors d’une session ordinaire du bureau politique du parti.

La responsable a expliqué que « ce constat se confirme à travers le boycott massif du rendez-vous électoral et reflète l’esprit révolutionnaire chez la majorité, d’autant qu’aucun parti, encore moins les listes indépendantes, n’ont vaincu, mais c’est plutôt la majorité qui a vaincu en silence ».

La patronne du PT a tiré à boulets rouges sur les analystes qui, en livrant une lecture sur l’avenir du paysage politique national, ont critiqué la position de ceux qui ont boycotté les législatives de 2021. Selon elle, il s’agit d' »une contre-révolution et une attaque rétrograde à l’encontre de la révolution du 22 février 2019″.

« Un groupe de ceux appelés analystes politiques émettent des fatwas et des jugements politiques par médias audiovisuels interposés, afin de défendre le régime (…). Ces derniers donnent des ordres aux partis politiques qui n’ont pas participé au scrutin pour qu’ils revoient leur politique et leur idéologie au risque de disparaître », s’est-elle indignée.

Selon elle, le faible taux de participation aux législatives définit la nature de la relation entre la majorité et le pouvoir dirigeant ainsi qu’avec les institutions élues.

Il s’agit d’une majorité qui donne ou retire la légitimité et la crédibilité à ces institutions et, par ricochet, l’habilité politique de représenter le peuple, a-t-elle poursuivi, précisant que selon les chiffres officiels, la prochaine Assemblée populaire nationale a été élue par 18,84% du corps électoral, donnant ainsi un taux d’abstention de 77%, alors que les bulletins nuls sont estimés à 1 016 000 voix.

Mme Hanoune a par ailleurs relevé que la représentation féminine à la première législature après le Hirak du 22 février, a reculé de 9% suite à la nature du nouveau mode de scrutin « discriminatoire et dégradant ».

De même, elle a rappelé les témoignages des candidats participants aux législatives, lesquels ont affirmé que l’argent avait joué « un rôle principal » lors de la campagne électorale et lors des résultats, contrairement aux déclarations des responsables de l’opération électorale.

La secrétaire générale de ce parti d’opposition a rappelé, dans la foulée, la grogne de la classe ouvrière et les mouvements de protestation des jeunes ayant marqué les derniers mois avant ces échéances.