Cahiers des charges des médias publics: El Khalfi s'explique

Cahiers des charges des médias publics: El Khalfi s'explique

Les cahiers des charges des médias publics sont mis œuvre de manière progressive, malgré certains obstacles, a affirmé, mardi à Rabat, le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi.

Ces obstacles sont liés, selon El Khalfi, à la résistance au changement de la part de certains intervenants dont les intérêts ont été touchés par les nouveaux cahiers.

Répondant à une question orale du groupe du Mouvement populaire à la Chambre des conseillers sur "Les cahiers des charges des chaînes publiques", M. El Khalfi a précisé qu’avant l’adoption du système des cahiers de charges, l’une des sociétés de production recevait un contrat de 500 millions de centimes et une autre société en avait pour 1,4 milliard de centimes, alors qu’avec les cahiers de charges ces montants ont été ramenés à 300 millions et 1,05 milliard de centimes respectivement.

Il a aussi souligné qu’une soixantaine de sociétés de production s’accaparaient les contrats des médias publics sur un total de 800 sociétés existantes, affirmant que le monopole est en phase de démantèlement progressif accompagné de la mise en place d’un système de concurrence qui favorise l’amélioration de la qualité, principale priorité de la réforme.

M. El Khalfi a également fait savoir que le décret relatif aux marchés publics entrera en vigueur dès le 1er janvier 2014, introduisant notamment le recours aux appels d’offres pour les programmes soumis à la sélection, en plus du quota de 20 pc des marchés consacré aux petites entreprises.

Le ministre a, par ailleurs, appelé à mettre en valeur les compétences journalistiques dont regorgent les médias publics et à réhabiliter la production interne des programmes, notant, à titre d’exemple, que 70 pc de la production de la deuxième chaîne nationale 2M se fait en interne.

Il a aussi relevé que les chaînes nationales ont réalisés un taux d’audience inédit de plus de 59 pc durant les 15 derniers jours (23 pc pour la première chaîne Al Oula), mettant l’accent sur la multiplication par trois du nombre des émissions de débat politique, conformément aux dispositions des cahiers des charges.

Ces indicateurs encourageants sont autant de sources de motivation pour œuvrer davantage pour l’amélioration de la qualité du produit des médias publics, a ajouté M. El Khalfi.

Le ministre a, d’autre part, mis en exergue les efforts déployés par son département pour surmonter les difficultés financière de la SNRT, appelant de ses vœux la signature, avant fin mars prochain, du contrat programme avec cette société, qui est actuellement en phase d’étude et de discussion entre les experts des ministères des Finances et de la Communication et de la SNRT.