Hassan Baraka: "Dépasser mes limites encore et toujours"

Hassan Baraka: "Dépasser mes limites encore et toujours"

Hassan Baraka représente le Maroc lors de la 3ème édition du "Ice Swimming World Championship" à Mourmansk, en Russie.

hassan baraka

Hassan Baraka, le fervent passionné d'aventures sportives extrêmes, a représenté récemment le Maroc lors de la 3ème édition des championnats du monde de natation en eau glacé « Ice Swimming World Championship » disputé en Russie. Une première pour le Royaume !

La compétition, qui se réalise tous les deux ans, a eu lieu à Mourmansk, au-dessus du cercle Arctique polaire, du 14 au 17 mars 2019. Un total de 400 nageurs de l’extrême de 32 pays se sont défiés dans une eau à 0 degrés, sans une combinaison néoprène, dont de grands nageurs d’eau libre et de piscine reconvertis à cette discipline comme le Bulgare Petar Stoychev, ancien champion du monde du 25km eau libre et actuellement champion du monde en Russie du 1000m en eau glacé.

L’athlète Hassan Baraka, 32 ans, a honorablement représenté le Maroc lors de cette manifestation en se classant 4ème de sa catégorie au 50 m brasse (à moins de 40 dixièmes de seconde du podium) et 30ème au classement général, alors que dans le 50 m nage libre il termine 7ème de sa catégorie et 29ème au classement général. Mais ce jeune sportif accompli ne compte pas s’arrêter là. Il promet de s’entraîner dur pour relever d’autres grands challenges sportifs et également monter sur le podium lors des prochains championnats du monde de la discipline. Interview.

–  Vous êtes le premier athlète à avoir représenté le Maroc lors de ces championnats du monde de natation en eau glacé. Quelles sensations avez-vous ressenties ?

Ce fut un plaisir d’avoir pu vivre cette expérience hors du commun, il était important pour moi d’inscrire le nom du Maroc dans cette compétition extrême. Je n’oublierai jamais les sensations au moment de défiler avec le drapeau marocain lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, que le speaker prononce le nom du Maroc et que le public se mette à applaudir encore plus fortement que pour les autres nations, étonné de voir notre nation concourir dans ce sport atypique pour un Nord-africain.

Pour ce qui est de mes résultats, je suis assez satisfait étant donné la dureté de nager pour la première fois dans une compétition de cette envergure dans une eau à 0,4 degrés, néanmoins je reviens avec un peu de frustration du fait d’avoir fini 4ème de ma catégorie d’âge sur le 50m brasse à 58 dixièmes de seconde de ce qui aurait pu être une première médaille pour le Maroc, néanmoins je compte prendre cet échec comme une motivation pour m’entraîner davantage pour les prochains championnats du monde.

– Qu’est-ce qui vous a poussé à aller vers ce genre de compétitions ?

Dépasser mes limites encore et toujours, c’est quelque chose qui fait partie de mon ADN, suite à avoir rallié les 5 continents à la nage, courir 7 marathons en 7 jours consécutifs sur 7 continents, avoir été le premier marocain à participer au championnat du monde de Swimrun OTILLO, je me suis fixé en 2019 de continuer à découvrir jusqu’à où mon corps et mon esprit pouvaient arriver avec le championnat du monde de Ice Swimming et l’Ultraman Australia (10km natation, 420km vélo et 84km course à pied).

Une chose est sûre c’est que je continuerai toujours à défier les barrières mentales de nos cerveaux qui nous font penser que quelque chose est impossible.

– Pendant combien de temps avez-vous préparez pour ce challenge ?

Cela fait environ trois mois que je suis focus sur cette compétition, en effet, suite à la deuxième édition du Ice Swim in Morocco (Seule course de ce genre au Maroc) que j’organise avec Fairouz Chbani à Aguelmam Azegza (Qui cette année a regroupée 50 nageurs de 13 nationalités).

Pour la préparation j’ai principalement suivi un protocole strict de douche froide (et d’immersion dans de l’eau glacé) tout en faisant un travail de respiration et mental visant à maitriser le processus de libérer l’adrénaline que le corps a besoin pour lutter contre le froid.

Il ne fallait pas délaisser les séances de natation bien entendu.

– Comment avez-vous financé votre participation au Ice Swimming World Championship de Mourmansk ?

Pour ce qui est du financement de ma participation au Ice Swimming à Mourmansk, j’aimerai dire que les entreprises sont énormément sollicitées pour différents évènements et ils commencent à être de plus en plus difficiles d’obtenir du financement. Pour ne rien vous cacher le manque de soutien actuel se répercute sur mes entrainements mais al hamdouAllah nous arrivons tout de même à faire des résultats convenables.

Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier le Groupe Jamai et notamment le vice-président du groupe Ismail Jamai pour la confiance qu’il dépose en moi depuis mes premiers défis, et j’en profites pour vous annoncer que le groupe sera mon sponsor exclusif pour mon prochain challenge qui débute dans en environ une cinquantaine de jours en Australie, ULTRAMAN, je suis jusqu’à ce jour le premier Marocain à m’attaquer à une distance de triathlon comme celle-ci (10km natation,420km vélo et 84km de course à pied), en espérant pouvoir représenter le pays dignement.

– Quelle est la plus dure épreuve sportive que vous ayez disputée jusqu’ici ?

Sans aucun doute la traversée de la mer rouge entre l’Égypte et l’Arabie Saoudite où j’ai dû nager 8h30 sans arrêt avec le danger du requin qui était dans les parages pendant 15 minutes, mais par la même occasion c’est aussi celle que j’ai le plus profité et dont je suis le plus fier.

– D’autres défis pour le futur ?

En dehors de l’Ultraman Australia, j’envisage toute une série de défis hors normes avec comme objectif de réussir des challenges inédits et devenir le premier marocain à les réaliser en plus de certains records mondiaux « Guinness » que je souhaiterai relever, mais tout cela dépendra de l’éventuel soutien que je pourrais obtenir par la suite.

Quoi qu’il en soit je serai de retour sur les prochains championnats du monde de Ice Swimming pour essayer de monter cette fois sur le podium.