Le cyberharcèlement, ou l'autre visage du mauvais usage de la technologie

Le cyberharcèlement, ou l'autre visage du mauvais usage de la technologie

Photo d'illustration

Le cyberharcèlement est devenu un comportement courant dans la société, du fait que certains recourent à Internet et aux différents moyens de communication et de technologie moderne pour intimider les autres de manière délibérée.

Le cyberharcèlement basé sur la forme ou l’apparence est l’un des nombreux aspects de ce comportement, lequel se manifeste le plus souvent sous forme de commentaires offensants visant à ridiculiser ou à se moquer de l’apparence, du poids, de la couleur de peau ou de la tenue vestimentaire des personnes victimes de harcèlement, dès qu’elles partagent leurs photos ou vidéos privées sur l’un des réseaux sociaux.

Nombreux sont ceux qui souffrent quotidiennement de ce problème, d’autant plus que le harcèlement, qui se produisait naguère en face-à-face, est devenu maintenant récurrent en ligne et d’une manière plus agressive et violente que dans le monde réel.

À ce sujet, le psychologue clinicien et psychothérapeute Faiçal Tahari a expliqué dans une déclaration à la MAP que le harcèlement traditionnel se caractérise souvent par une sorte de prudence car le harceleur ne peut confronter la personne qu’il intimide explicitement, mais se contente souvent de l’aguicher par des insinuations, un sourire ou des regards provocants.

Quant au cyberharcèlement, le psychologue note qu’il se caractérise par une sorte de brutalité car le harceleur se cache derrière un écran d’ordinateur ou de téléphone portable, soulignant que cet environnement virtuel l’encourage à être plus cruel et effronté par rapport au harcèlement traditionnel.

En plus, le cyberharcèlement se distingue par la vitesse de transmission du contenu à travers le partage des commentaires péjoratifs ou offensants, faisant ainsi passer ce comportement de l’individuel au collectif et ouvrant la voie à une série de harcèlements qui infligent un grand préjudice moral à la victime.

En ce qui concerne les effets psychologiques du cyberharcèlement, le spécialiste a expliqué que les structures psychiques des victimes de harcèlement diffèrent. Il y a, d’une part, ceux qui ont une « structure forte » qui leur permet de faire face à ces attaques et à les surmonter, et d’autre part ceux qui ont une « structure faible » qui leur fait subir une crise de tristesse et de colère intense, ce qui entraine parfois même des troubles psychiques et l’apparition de symptômes de dépression ou d’anxiété.

Par ailleurs, les effets négatifs du cyberharcèlement ne peuvent être facilement surmontés, car y faire face requiert une forte immunité psychologique qui permet à l’individu d’ignorer les commentaires péjoratifs qu’il reçoit, a-t-il souligné, ajoutant qu’il conseille toujours aux personnes qui éprouvent du mal à résister au harcèlement de ne pas lire les commentaires au stade où elles en sont vulnérables ou de manière définitive car « leur structure psychique ne tolère pas ce comportement ».

Il a, à cet égard, conclu que l’immunité psychologique d’une personne est liée à l’estime de soi et à la confiance en soi. Dans ce cas, si une personne a une grande confiance en elle-même, elle peut surmonter ce genre de harcèlement. Mais lorsque la confiance en soi est faible et que l’individu est exposé à un harcèlement sévère, il est recommandé qu’il explique le problème à un médecin spécialiste ou à un psychothérapeute afin de le soutenir psychologiquement et l’aider à surmonter cette étape.

Kawtar Krifi