Mohamed El Badaoui, nouveau visage d’un cinéma marocain innovant

Mohamed El Badaoui, nouveau visage d’un cinéma marocain innovant

Avec "Solei-man", projeté en compétition officielle de la 15-ème édition FNF, le jeune cinéaste Mohamed El Badaoui s’annonce comme le nouveau visage d’un cinéma marocain innovant

Le réalisateur d’origine rifaine, établi en Espagne où il a fait ses études cinématographiques, signe son premier long métrage en langue amazigh et revendique déjà son appartenance à une nouvelle vague du cinéma national appelée à se développer, basée sur l’approche de l’image-mouvement. "La tendance aujourd’hui dans le cinéma marocain reste dominée par des films avec beaucoup de dialogue, mais le cinéma est avant tout fondé sur la force de l’image en tant que mode d’expression", confie-t-il à la MAP.

Il considère que l’écriture de ce genre de scénario demande beaucoup de travail, "car s’il est facile d’écrire un dialogue, l’exprimer par le regard et les expressions du visage c’est plutôt difficile".

"Il y a un progrès notable du cinéma marocain, mais les jeunes cinéastes doivent présenter du nouveau", insiste El Badaoui, convaincu qu’"il est temps que le cinéma marocain change de visage".

Dans sa fiction "Solei-man", le cinéaste emploie à fond sa vision du cinéma fondée sur la force de l’image, en s’attaquant à la problématique des relations extraconjugales et leurs conséquences dramatiques sur les enfants, à travers l’histoire de Smail, un écolier atteint de cancer mais, par négligence, sa maladie n’a pu être détectée qu’en phase finale, réduisant ainsi ses chances de guérison.

Bien que manifestes, les symptômes du cancer ont été pour autant ignorés par l’entourage de l’enfant, à l’école comme à la maison, en raison de considérations liées aux préoccupations du monde adulte "sauvage".

Pour traduire fidèlement des émotions aussi diverses que complexes, le cinéaste met en vedette des acteurs prometteurs originaires de son Rif natal, avec "beaucoup de potentiel et de talent" à l’instar de Anisa Ikarri (épouse), déjà consacrée Prix de la meilleure actrice au festival de Nador pour son rôle dans ce film qui a également obtenu une Mention spéciale pour le réalisateur. De l’avis du public, sa prestation a été tout autant convaincante que celle du petit Omar Bouamar (Smail) qui fait sa première apparition sur le grand écran tout comme Anissa qui jusqu’ici n’a fait que du théâtre.

Pour ce premier long métrage, le cinéaste a campé le rôle principal (Soleiman) dans un souci de se mettre dans la peau des acteurs qu’il serait amené à faire tourner sous son objectif, dans le cadre de futurs projets. Il est aussi le producteur et le scénariste du film.

El Badoui a fait ses études cinématographiques à Madrid où il a obtenu un Master en audiovisuel. Propriétaire actuellement d’une société de production en Espagne, il a commencé sa carrière dans le graphisme et le design, avant de passer par les effets spéciaux, le montage et l’écriture de scénarios. Au total, 22 films sont en lice pour le Grand Prix dans la catégorie long-métrage du 15-ème FNF de Tanger, grande manifestation cinématographique de la ville du Détroit dédiée au 7-ème art national, dont le jury est présidé par l'ancien ministre et universitaire Abdallah Saâf.