Nasser Zefzafi en grève de la faim

Nasser Zefzafi en grève de la faim

Le leader du mouvement de protestation qui a agité l'an passé la région du Rif, Nasser Zefzafi, jugé depuis septembre avec 53 co-accusés, a entamé mercredi une grève de la faim, selon sa défense.

C'est pour protester contre les "tortures et traitements inhumains" qu'il aurait subis en prison que le meneur du mouvement a "décidé d'entamer une grève de la faim", a affirmé dans une publication Facebook un des avocats de M. Zefzafi, Me Naima el Gallaf.

Nasser Zefzafi fait partie des 54 accusés jugés en première instance depuis la mi-septembre devant la chambre criminelle de la Cour d'appel de Casablanca, en lien avec le "Hirak" (mouvance), nom donné localement au mouvement social qui a secoué entre fin 2016 et mi-2017 la région historiquement frondeuse et marginalisée du Rif.

Arrêté pour avoir interrompu le prêche d'un imam ouvertement hostile au mouvement dans un mosquée d'Al-Hoceïma, épicentre de la protestation, et poursuivi notamment pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", Nasser Zefzafi, 39 ans, risque en théorie la peine capitale. Il est incarcéré à la prison d'Oukacha à Casablanca.

La grève de la faim du meneur du "Hirak", la deuxième depuis son arrestation, intervient alors que son procès-fleuve entre dans sa dernière ligne droite, avec le début de l'audition des témoins, après l'interrogatoire des 54 accusés.

Environ 450 personnes, selon des associations, ont été arrêtées pendant les événements déclenchés par la mort d'un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordure en tentant de s'opposer à la saisie de sa marchandise, de l'espadon interdit à la pêche, en octobre 2016.