"Une pour toutes et toutes pour une", blason des femmes sur le net

"Une pour toutes et toutes pour une", blason des femmes sur le net

Image d'illustration

Sur Internet, pas besoin que le 8 mars de chaque année arrive pour que les femmes se montrent solidaires entre elles. Les usagers de la toile ont déjà dû remarquer la forte présence de la gent féminine sur les tas de groupes, pages et forums des plateformes sociales où règne une sororité sans égale.

Remède contre l’oppression, la solidarité féminine sur le net est actuellement en pleine effervescence ! Peu importe d’où elles viennent, leur âge, leurs études, leur milieu social, ou leur situation familiale, les femmes se sont emparées de la toile et communiquent sans retenue.

En effet, Internet a facilité les prises de parole des femmes. Elles l’utilisent comme un moyen pour revendiquer leurs droits, exprimer leurs souhaits de changement, s’entraider et défendre les causes qui leur sont chères librement et de façon plus fluide sans les contraintes rencontrées dans le monde réel.

D’autant plus que sur les médias sociaux, on interagit souvent sous pseudonyme, sans décliner son identité. Cette garantie de l’anonymat permet de partager sans complexe ses expériences, ses ressentis, ses émotions, son bonheur comme sa détresse ou son malheur.  » Je considère les forums féminins comme mon journal intime. Cela me permet de me dévoiler plus facilement, de partager mon vécu en transparence et de demander de l’aide tout en sachant que je ne serai pas du tout jugée puisque personne ne sait qui se cache derrière mes publications. », se confie Meryem (26 ans) à la MAP.

La toile marocaine regorge de groupes et forums exclusifs au sexe féminin. “Ladies fisrt”, “Les testeuses”, “La superbe”, “Les voyageuses” et pleins d’autres sont de véritables salons virtuels qui mettent en avant la nature communicative, sociale, généreuse et combative de la femme marocaine.

“Grâce aux groupes de filles sur Facebook, j’ai pu me faire une deuxième famille. J’y trouve spontanément des conseils pour tous types de problèmes et des astuces pour le quotidien.”, affirme à la MAP Ibtissam, jeune étudiante de 22 ans.

“Les membres des groupes n’hésitent pas aussi à faire part de leurs recommandations et conseils. Un bon moyen d’étoffer son carnet d’adresses !”, ajoute la jeune femme.

Effectivement, sur ces plateformes sociales le sort des unes inquiète celui des autres. Une compréhension sans bornes, une bienveillance sans frontières et une précieuse symbiose orchestrent ces communautés. “Je reçois tout le temps un énorme soutien de la part de mes consœurs qui ne tarissent pas de manifester leur désarroi par rapport à ma mauvaise expérience avec un chauffeur de taxi, au terrible service d’un gérant de magasin ou à l’inapproprié comportement de l’un de mes collègues au travail.”, raconte avec fierté Hanane (32 ans).

“Finalement je me dis que la solidarité féminine est possible et n’est pas si compliquée que ça, elle est simple et empowering, en plus elle peut nous faire un bien fou”, s’exprime-t-elle Dans cette même lancée, certaines utilisatrices du net repartagent sur les réseaux sociaux les témoignages de femmes victimes d’actes inadmissibles de certains phallocrates. En ce qui concerne la lutte en faveur des droits des femmes, la majorité du temps, ces dernières ont recours à un contenu qui peut vite devenir viral. Elles publient sur les médias sociaux des images et illustrations choquantes et des témoignages poignants qui poussent à la réflexion.

Ainsi, de véritables mouvements de contestation naissent et se propagent facilement. Ils tirent alors la sonnette d’alarme auprès des médias, des décideurs et des marques pour qu’ils réagissent convenablement afin d’aboutir à des changements concrets pour l’amélioration des droits des femmes. Comme c’était le cas lors du premier confinement où les cas de violence conjugale ont beaucoup augmenté. Cela avait suscité un fort élan de solidarité et d’entraide de la part des femmes mais aussi auprès de la société civile et du pouvoir public.

Ceci dit, en s’appropriant les atouts d’Internet les dames et les demoiselles sont de plus en plus puissantes et solidaires envers elles, faisant de cela un enjeu majeur du combat qu’elles mènent pour leurs droits. Grâce au web, les femmes agissent et s’expriment librement, ce qui renouvelle leur image et leur permet d’aller au bout de leurs objectifs pour avoir une vie meilleure : chose qui met du baume au cœur.

MAP / Najlae El Ouazzani